AU MÊME
Laisse gronder le Rhin et ses flots destructeurs. Muse; va de Le Brua gourmander tes lenteurs.
Vole aux bords fortunés où les champs d'Elysée De la ville des lis ont couronné l'entrée; Aux lieux où sur l'airain Louis ressuscité^ CoDtemple de Heniï le séjour respecté, Et des jardins royaux l'enceinte spacieuse.
Abandonne la rîve où la Seine amoureuse , Iiente, et, comme à regret quittant ces bords chéris, Du vieux palais des rois baigne les murs flétris', Et des fils de Condé les superbes portiques ^
I. Le Brun occupait à cette époque un logement tri»-mMiacre et même trèMncommode au Louvre, où le gonTemement avait mlrirenden usa^de loger gratnitement des gens de lettres et det ■riiites. Mus tard on Ini en accorda un plus convenable qu'il conaervB jusqu'il sa mort. Cest à l'occaiion de ce dernier logement qu'il composa l'ode II du livre IV de ses poéties , intitulée : Mei loavenin ou les Deux rives de la Seine. [Note de l'Éditeur.)
a. L'hAtel de Conti où naquit Le Brun. Ce bftùment est devenu depim l'h^l de la Monnaie, {Note de l'Éditeur.)
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Suis ces femeux remparts et ces berceaux antiques Oîi, tant qu'un beau soleil éclaire At beaux jours, Mille chars élégans promènent les amours.) Un Paris tout nouveau sur les plaines voisines S'étend, et porte au loin, jusqu'au pied des collines. Un long et riche amas de tempW, àt pdais, D'offibrages où Tété ne pénètne jamais':
Ce» U son HélicDù *. Là, ta course fidèle Le trouvera pfut-être aux genottx d'ans belle : S'il est ain$i , respecte un moment prétiieus ; Sinon , tu peux entrer : tu verras danb ws y<*ix> Dès qu'il aura <coanu que c'est tw>i ^i t'eaviM», Sourire l'indulgence et peut-être la joie.
Souhaite-lui d'abord la paix , la liberté, Les plaisirs, l'abondance, et surtout la santé; Puis apprends si, toujours ami de la Nature, Il s'en tient comme nous aux bosquets d'Épicure; S'il a de ses amis gardé le souvenir; Quelle Muse à présent occupe son loisiir; Si Tibulle et Vénus le couronnent de rose; Ou si, dans les déserts que ie Permesse arrose, Du vulgaire troupeau prompt à se séparer.
Aux sources de Pindare ardent à s
I. Le Brua aimait Versailles et se» promeiudes; mais il Mquenlait plus soavent Moulîn-Joi; , propriété charmante qne pot- •Àlail alors iietle madame Le Biud, si justement célèbre comme artiste et comme femme d'esprit. [Note de l'Éditeur.)
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Sa lyre fait entendre aux. nymphes de la Seine
Les sons audacieux de la lyre thébaine;
Et dis-lui qu'à m'écrire il est lent à mon gré;
Que, de mon cher Brazais pour un tems séparé,
I^s ruisseaux et les bois, et Yénus, et l'étude.
Adoucissait un peu ma triste solitude.
Oui! les Cieux avec joie ont embelli ces champs;
Mais, Le Brun, dans l'efFroi que respirent tes camps,
Oii les foudres guerriers étonnent mon oreille,
Où loin avant Pbœbus Bellone me réveille ,
Puis-je adorée encore et Yertumne et Paies ?
Il feut un cœur paisible à ces Dieux de la paix '.
I . Cette Épitre parait avoir ët^ composa îmmédiatemeal aprca h précédente, car l'auteur n'e«t resté que six mois m service.
{Note de t Éditeur,)
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