LYDÉ
Mon vîsaj;je est flétri des regards du soleil; Mon pied blanc tous la ronce est devenu vermeil ; 3'ai suivi tout le jour le fond de !a vallée. Des bêlemens lointains partout m'ont appelée : J'ai couru; tu fuyais sans doute loin de moi : C'était d'autres pasteurs. Où te chercher, ô toi Le plus beau des humains ? Dis-moi , fais-moi connaître Oii sont donc tes troupeaux, où tu les mènes paître.
Ojeune Adolescent! tu rougis devant moi.
Vois mes traits sans couleur : ils pâlissent pour toi.
C'est ton front virginal, ta grâce, ta décence.
Viens : il est d'autres jeux que !es jeux de l'enfance.
O jeune Adolescent, viens savoir que mon cœur
N'a pu de ton visage oublier la douceur.
Bel enfant, sur ton front la Volupté réside;
Ton regard est celui d'une vierge timide.
Ton sein blanc, que ta robe ose cacher au jour,
Semble encore ignorer qu'on soupire d'amour :
Viens le savoir de moi;viens, jeveux te l'apprendre;
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Ii6 IDYLLES.
Viens remettre en mes mains ton âme viei^e et tendre, A6n que mes leçons , moins timides que toi , Te iàssent soupirer et languir comme moi ; Et qu'enfin rassuré cette joue enfantine Doive à mes seuls baisers cette rougeur divine. Oh! je voudrais qu^ici tu vinsses un matin Reposer mollement ta tête sur mon sein !
Je te verrais dormir, retenant mon haleine, De peur de t'éveiller ne respirant qu'à peine. Mon écharpe de lin, que je ferais flotter, Ix>in de ton beau visage aurait soin d'écarter Les insectes votans et la jalouse abeille.
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