‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 27 sur 99 · EUPHROSINE · texte numérisé non relu

EUPHROSINE

Ah! ce n'est poiat à moi qu'cm s'occupe de plaire: Ma sœur plus tôt que moi dut le jour à ma mère. Si quelques beaux bergers apportent une fleur, Je sais qu'en me l'ofïrant ils regardent ma sœur. S'ils vantent tes attraits dont brille mon visage, Ils disent à ma sceur ;C*est ta vivante image. Ah! pourquoi n'ai-je encor vu que douze moissons! Nul amant ne me Batte en ses douces chansons ; Nul ne dit qu'il mourra si je suis infidèle.

Mais j'attends : l'âge vient; je sais que je suis belle; Je sais qu'on ne voit point d'attraits plus désirés Qu'un visage arrondi, de longs cheveux dorés, Dans une bouche étroite un double rang d'ivoire, Et sur de beaux yeux bleus une paupière noire:

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