‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 28 sur 99 · HYLAS · texte numérisé non relu

HYLAS

A H. DE PANGE VtHHt.

Le Navire éloquent, fib des bois clu Péoée^ Qui portait k Colchos la Grèce fortunée^ Craignant près de l'Ëuxin les menaces du nord ^ S'arrête, et se confie au doax calme d'un port'. Aux regards des héros le rivage eàt tranquille: Ils descendent. Hylas prend un Vase d'argile. Et va, pour lenrs banquets sur l'herbe préparés, Chercher une onde pure eo (xs bords ignorés.

Seines, au sein d'un bois, d'une source prochaine, Trob Naïades t'opt vu s'avancer dans la plaine. Elles ont vu, ce frpnt de jeunesae éclatant, Cette bouche, ces yeux; et Uur onde, à l'instant Plus limpide, pour lui coule; un léger zéphîre.

I. Le célèbre Divire Argo , dont les ArgODautes prirent leur nom. On »ait qu'une tempête, survenue pendant la nsvigatioD, obligea ce vaisseau a relftcher dans l'Ile de Lemnoa. [Note de l'Éditeur. )

D'im murmura plus doux l'avertit et l'attire : Il accourt. Devant lui I1ieri»e jette des fleurs : Sa main errante suit l'éclat de leurs couleurs; Elle oublie, à les voir, l'emploi qui la demaude, Et s'égare à cueillir une belle guirlande.

Mais l'onde encor soupire et sait le rappeler ; Sur l'imoKibile arène il l'admiré couler, Se courbe; et, s'appajant sur la rive penchante, Dans te crâtal soaaant plonge l'iirae pesante. De leurè roseaux touâUs its trois Njmphes soudain Volent, fendent leurs eauxj l'entr&îneiit par la main En un lit de jonc frais et de mousses nouvelles. Sur leur sein, dans leurs bras, assis an milieu d'elles, Leur bouche, en mots mielleux, où TAmour est vanté, Le rassure et le loue, et flatte sa beauté.

Leurs mains vont caressant sur sa joue eniantine De la jeunesse en fletir la première étamine, Ou sèchent, en riant, quelques pleurs gracieux Dont la frayeur subite avait rempli ses yeux.

n Quand ces trois corps d'albâtre atteignaient le rivage, «D'abord j'ai cru, dit-il, que c'était mon image «Qui, de cent flots brisés prompte à suivre la loi, «Ondoyante, votait et s'étançait vers moi. »

Mais Alcide inquiet, que presse un noir augure. Va, vient, le cherche, crie auprès de l'onde pure :

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« Hylas! Hylas ' ! » Il crie et mille et mille fois: Le jeune enËmt de loin croit eoteadre sa voix , Et du fond des roseaux, pour adoucir sa peine, Lui répond d'une voix inenteodue et vàao.

De Paitge , c'est vers toi qu'à l'heure du réveil

Court cette jeune fille au teint frais et vermeil.

Va trouver mon ami, va, ma fille. nouvelle ,

Lui disais-je. Aussitôt, pour te pacaître belle,

L'eau pure a ranimé sou front, ses yeux brillans;

D'une étroite ceinture elle a pressé ses flancs;

Et des fleurs sur son sein, et d^ fleurs sur sa tête,

£t sa flûte à la main , sa flûte qui s'apprête

A défier un jour les pipeaux de Ségrais,

Seuls connus parmi nous aux Nymphes des forêts.

oanUe qno fonte relictom i, Hyli.Hyli, onueioiurcl

( Ifole de C Éditeur. )

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