ÉLÉGIE PREMIÈRE
A H. DE PANGE L'AtNÉ'.
A BEii, doux confident de mes jeunes mystères.
Vois : Mai nous a rendu nos courses solitaires;
Viens à l'ombre écouter me) nouvelles amours-,
Viens: tout aime au printems; et moi j'aime toujours.
Tant que du sombre biver dura le froid empire,
Tu sais si l'aquilon s'unit avec ma lyre :
Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas;
Délicate, elle tremble à l'aspect des frimas,
Et près d'un pur foyer, cacbée en sa retraite,
Entend les vents mugir; et sa voix est muette.
Mais, sitôt que Progné ramène les oiseaux.
Dès qu'au riant murmure et des bois et des eaux
Les champs ont revêtu leur robe d'hyméaée,
A ses caprices vains, sans crainte abandonnée.
Elle renaît : sa voix a retrouvé des sons ;
Il sujet de M. de PaDge e( de «ou frère.
{ IVote de l'Éditeur. )
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i36 ELEGIES.
Et, comme la cigale, amante des buissons,
De rameaux ea rameaux tour h tour reposée,
D'uu peu de fleur nourrie et d'un peu de rosée.
S'égaie; et, des beaux jours prophète harmonieux,
Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux.
Ainsi, courant partout sous les nouveaux ombrages, Je vais chantant Zéphyr, les Nymphes, les bocages; Et les fleurs du printems, et leurs riches couleurs. Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.
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