‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 33 sur 99 · ÉLÉGIE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE PREMIÈRE

A H. DE PANGE L'AtNÉ'.

A BEii, doux confident de mes jeunes mystères.

Vois : Mai nous a rendu nos courses solitaires;

Viens à l'ombre écouter me) nouvelles amours-,

Viens: tout aime au printems; et moi j'aime toujours.

Tant que du sombre biver dura le froid empire,

Tu sais si l'aquilon s'unit avec ma lyre :

Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas;

Délicate, elle tremble à l'aspect des frimas,

Et près d'un pur foyer, cacbée en sa retraite,

Entend les vents mugir; et sa voix est muette.

Mais, sitôt que Progné ramène les oiseaux.

Dès qu'au riant murmure et des bois et des eaux

Les champs ont revêtu leur robe d'hyméaée,

A ses caprices vains, sans crainte abandonnée.

Elle renaît : sa voix a retrouvé des sons ;

Il sujet de M. de PaDge e( de «ou frère.

{ IVote de l'Éditeur. )

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i36 ELEGIES.

Et, comme la cigale, amante des buissons,

De rameaux ea rameaux tour h tour reposée,

D'uu peu de fleur nourrie et d'un peu de rosée.

S'égaie; et, des beaux jours prophète harmonieux,

Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux.

Ainsi, courant partout sous les nouveaux ombrages, Je vais chantant Zéphyr, les Nymphes, les bocages; Et les fleurs du printems, et leurs riches couleurs. Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.

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