‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 45 sur 99 · Hoc erat in votis : modni agri non iti magnas · texte numérisé non relu

Hoc erat in votis : modni agri non iti magnas

Hortos abi , et lecto vidntu jogii aqius fans , Et paulàm ulvtE sapsr hia foret , etc.

(Bor.l.S.t,ÏI.Ub.ll.)

(iVote de l'ÉdUçur.}, .

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Vivre comme jadis aux champs de Babylone Ont véca, nous dit-on, ces pères des humains Dont le nom aux autels remplit nos Ëistes saints; Avoir atnia, enfens, épouse belle et sage; Errer, lin livre en main, de bocage en bocage; Savourer sans remords, sans crainte, sans désirs, Une paix dont nul bieti n'égale les plaisirs. Doute mélancolie! aimable Mensongère!

Des antres, des forêts. Déesse tutélaire.

Qui vient d'une insensible et charmante langueur Saisir l'ami des champs, et pénétrer son cœur, Quand, sorti, vers le soir, des grottes reculées. Il s'égare à pas lents au penchant des vallées. Et voit des derniers feux le ciel se colorer. Et siir les monts lointains un beau jour expirer! Dans sa volupté sage, et pensive et muette.

Il s'assied; sur son sein laissé tomber sa tête. Il regarde à ses pieds dans le liquide azur Du fleuve qui s'étend, comme lui calme et pur. Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages, Et la pourpre en festons couronnant les nuages. n revoit près de lui, tout à coup animés, Ces fantômes si beaux, à nos pleurs tant aimés, Dont la troupe immortelle habite sa mémoire : Julie ' , amante faible, et tombée avec gloire ; Clarisse', beauté sainte où respire le Ciel,

I . Julie d'Êtanges , ou la Nouvelle Héloïse. ( Note de VÉdit. ) 3. CUrisse Harlove. {Id.)

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Dont la douleur ignore «t la haine et le fiel.

Qui souffre «ans gémir, qui pént sas» murmure;

Clémeotine ' adorée, âme céleste et pare,

Qui, paimi les rigueurs d'une injuste aoaisoB,

Ne perd point rinaoceace, en perdant la raison.

Mânes aux yeux «barmans! vos miages chéries

Accourent occuper ses belles rêveries ;

Ses yeux laissent tomber une iarme ; avec vous

11 est dans vos foyers, il voit vos tnûts si doux ;

A vos persécuteurs il reproche leur crime ;

Il aime qui vous aime, il hait qui vous opprime ;

Mais tout-à-coup il pense , mortels déplaisirs !

Que ces toucfaans objets de pleurs «t de soupirs

Ne sont peut-^tre, hélas! que d'aimables cbiinènjs,

De l'âme et du génie enfans imaginâmes :

Il se lève; il s'agite à pas tumultueux;

En projets enchanteurs il égare ses vceux:

Il ira, le cceur plein d'une image divine,

Chercher si quelques lieux ont une Clémeatine,

Et dans quelque désert, Icùn des regards jaloux,

I^a servir, l'adorer, et vivre à ses genoux.

1 . Cl^raeiitÎDe , un des principiuî persoDtia)[ea île Grandisson, romaa de Riehanfaon. ( Note de l'Éditeur. )

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SoDVEHT le malheuDetiK ioiiige à quitter la vie; L'Ëspéranoe crédule à vivre te convie.

Le soldat, bous la tente, espère avec la paix Le repos. Ira ofaamaaas, les danses, les banquets; Gémissant aur le soc, le lalioureuT, d'avance, Toit ses guérets chargés d'une heureuse abondance; Hoi , l^péraocè amie est bien Icnn de mon oœur. Tout se oonvi* à mes yeux d'un voile de langueur: Des jours amen, des nuits pJut amères encore Chaque instant est rtrempé cki fiel qui ne dévore; Et je trouve partout mon âme et mes douleun.

Le nom de I^coiîs, et la honte «t les pleurs. Ingrate L^coria, à feindre accoatumée, Avez-vous pu trahir qui vous a tant aimée!

Avez-vous pu trouver un passe-tems ai doux A déchirer Un coenr (joi n'adorait que vous ! Amis, pard(ntD«E~liii : que jamais vos injures N'osent bu reproclier ma :iBDrt et ses parjures ! Je ne tbox point pour «loi que son coeur soit Idessé , Ni que pour l'ûBtrager «on nom soit proDonoé. Ces ami» m'étaient chers; ils ainuient ma présence; Je ne veux qu'être, seul ; je ies fiiis , les offense ;

Ou bien, en me voyant, chacun avec efïroi

Balance à me connaître, et doute si c'est moi.

Est-ce là cet ami, compagnon de leur joie, A déjeunes désirs comme eux toujours en proie, Jeune amant des festins, des vers, de la beauté ? Ce front pâle et mourant, d'ennuis inquiété, Est celui d'un vieillard appesanti par l'âge. Et qui déjà d'un pied toudie au Ëttal rivage. Sans doute, Lycoris, oui, j'^ai fini mon sort, Quand tu ne m'aimes plus, et soubaites ma mort. Amis, oui, j'ai vécu : ma course est terminée. Chaque heure m'est un jour, chaque jour une année. Les amans malheureux vieillissent en un jour. Ah! n'éprouvez jamais les douleurs de l'amour : Elles hâtent encor nos fuseaux si rapides; Et, non moins que le Tems, la Tristesse a des rides. Quoi, Gallus! quoi le Sort, si près de ton b»-ceau, Ouvre à tes jeunes pas ce rapide tombeau !

Hélas! mais, quand j'aurai subi ma destinée, Du Léthé bienfaisant la rive fortunée Me prépare un asile et des ombrages verts.

Là, les danses, les jeux, les suaves concerts, Et la fraîche Naïade , en ses grottes de mousse , S'écoulant sur des fleurs , mélancolique et douce ; Là jamais la Beauté ne pleure ses attraits ; Elle aime,'elle est constante, elle nement jamais. Là tout choix est heureux, toute ardeur mutuelle;

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£t tout plaisir durable, et tout serment fidèle.

Que dis-je? oa aime alors sans trouble; et les amans,

Ignorant le parjure, ignorent les sermens.

Venez me consoler, aimables Héroïnes!

O Léthé! fais-moi voir leurs retraites divines; Viens me verser la paix et l'oubli de 'mes maux ; Ensevelis au fond de tes dormantes faux Le nom de Lycoris, ma douleur, mes. outrages. Un jour peut-être aussi, sous tes rians bocages, Lycoris, quand ses yeux jie verront plus le joqr, Reviendra- toute eu pleur& demander mon atpour; Me dire queile Styx me la rend plus siqc^re; Qu'à moi seul dësonnais eUe aura soin de plaire ; Que cent bis, cappelant notre antique lien, EUe a vu que son cœur arait iKSoin di^ Tniçn. Lycoris à mes yet^ ne. sera plus, charmante; Pourtant;.'. OLycoris! ô^trop iuaefiteajnante! Si tu l'avftk voulu-, Gallus, plein de -sa foi, Avec toi voulait vivre, et mourir avec toi !

OEoTTei puithamei.

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