‹ Œuvres posthumes d'André Chénier, augmentées d'une notice historiqueChapitre 87 sur 99 · DE JUPITER ET EUROPE · texte numérisé non relu

DE JUPITER ET EUROPE

Étbahger! ce taureau qu'au sein des mers profondes D'un pied léger et sûr tu vois fendre les ondes, Est te seul que jamais Amphitrite ait porté.

Il nage aux bords crétois. Une jeune beauté, Dont le vent tait voler l'écharpe obéissante, Sur ses flancs est assise; et d'une main tremblante Tient sa corne d'ivoire; et, les pleurs dans les yeux, Appelle ses parens, ses compagnes, ses jeux; Et, redoutant ta vague et ses assauts humides, Retire et veut sous soi cacher ses pieds timides.

L'art a rendu t'airaîn (luide et frémissant : On croit le voir flotter. Ce nageur mugissant, • Ce taureau, c'est un Dieu: c'est Jupiter lui-même, Dana ces traits déguisés, du Monarque suprême Tu reconnais encor et la foudre et les traits. Sidon l'a vu descendre au bord de ses guérets, Sous ce front emprunté couvrant ses artifices, Brillant objet des vœux de toutes tes génisse^.

:,q,t,=cdbïGoOglc

La vierge tyrienne, Europe, son amour,

Imprudente, le flatte : il la flatte à son tour;

Et, se fiant à lui, la Belle désirée

Ose asseoir sor son 0aac cette cbarge adorée.

Il s'élance dans l'onde; et le divin nageur, '

Le taureau roi des Dieux, l'humide ravisseur,

 déjà passé Chypre et ses rives fertiles ;

Il approche de Crète, et va voir les cent villes.

:,q,t,=cdbïGoogle

Page 1