Réfut. du catéchisme de Paul Ferry, 2' vérité, ch. iv
leur oppose souvent le consentement universel, et il assure qu'on Ta toujours donné comme règle de la foi. Si c'était le consentement des seuls évêques, prendraitil la peine de faire valoir celui du peuple? Écoutez cependant : « Que si on dit, après cela, qu'il n'y a point de sûreté dans l'opinion de la multitude, qui pour l'ordinaire est ignorante, nos pères, ou plutôt l'Ecriture même, ne nous ont pas laissé sans repartie, car ils nous ont appris à fermer la bouche à ceux qui ne céderaient pas à la multitude du peuple de Dieu, en disant : « Pourquoi méprisez-vous la multitude que Dieu a pro- « mise à Abraham? Je te ferais dit-il, le père, non de. « plusieurs hommes, mais de plusieurs nations; et en « toi seront bénis tous les peuples de la terre. » Distinguez donc la multitude abandonnée à elle-même et livrée à son ignorance par un juste jugement de Dieu , de la multitude choisie, de la multitude séparée, de la multitude promise et bénie, conduite par conséquent avec un soin spécial de Dieu et de son Esprit; ou, pour parler avec saint Athanase, distinguez la multitude qui défend l'héritage de ses pères*... d'avec la multitude qui est éprise de l'amour de la nouveauté ^^ et
qui porte, par ce moyen, sa condamnation sur son front 2. »
Or le sentiment du peuple, auquel Bossuet attribue
1. Contre ceux qui jugent de la vérité par la seule multitude.