Déf. de la Décl. Dissert, prélim,, art
valent être consultés au même degré ; mais, de ce qu'ils n'étaient point tous consultés à un égal degré, il implique^ que tous étaient réellement consultés, et que l'opinion des prêtres et celle des laïques concouraient avec Topinion des évéques à former le jugement définitif. Puis n'est-il pas contradictoire de dire qu'on consulte quelqu'un pour lui intimer une décision à laquelle il est étranger et qu'il doit accepter sans examen? Obser-* vous en outre que le résultat de la délibération ne concernait point les laïques vainqueurs de la persécution, que saint Cyprien et le clergé de Rome entendaient consulter.
Bossuet est incompréhensible dans ce passage. Mais ce qu'il prétend y condamner, il semble l'enseigner clairement ailleurs. Parlant des protestants : « Nos adversaires nous repartiront qu'il faut que chaque fidèle en particulier discerne la bonne doctrine d'avec la mauvaise par l'assistance du Saint-Esprit; ce que nous accordons volontiers, et jamais nous ne l'avons dénié ; aussi n'est-ce pas en ce point que consiste la difficulté. Il est question de savoir de quelle sorte se fait ce discernement. Nous croyons que chaque particulier de l'Église le doit faire avec tout le corps et par l'autorité de toute la communion catholique, à laquelle son jugement doit être soumis; et cette excellente police vient
\ . Il impliqiùe veut dire ici il résulte, il faut conclure. Éd.
(le l'ordre de la charité, qui est la vraie loi de TÉglisé; car, lorsque Jésus-Christ Ta fondée, le dessein qu'il se proposait, c'est que ses fidèles fussent unis par les liens d'une charité indissoluble. C'est pourquoi il n'a pas permis que chacun jugeât en particulier des articles de
la foi catholique, ni du sens des Ecritures divines; mais, afin de nous faire chérir davantage la communion et la paix , il lui a plu que l'unité catholique fut la mamelle qui donnât le lait à tous les particuliers de
l'Eglise, et que les fidèles ne pussent venir à la doctrine de la vérité que par le moyen de la charité et de la société fraternelle *. »
Iriez-vous objecter que par tout le corps, par Vautorite de toute la communion catholique, par Vunité catholique, Bossuet désigne l'épiscopat? Il faudrait alors répondre que chez lui les mots ne sont point destinés à exprimer les idées, car ceux-là signifient trop visiblement tous les fidèles, qu'ils soient évêques, qu'ils soient prêtres, qu'ils soient laïques; et c'est avec eux tous, c'est-à-dire en s'aidant d'eux tous, que chaque particulier, c'est-à-dire chaque laïque, chaque prêtre, chaque évêque, doit discerner la bonne doctrine de la mauvaise. Tous donc contribuent à l'infaillibilité de l'Eglise, tous donc jugent en matière de foi.
Dans sa controverse avec les protestants, Bossuet