‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 185 sur 209 · RÉSISTANCE AU NOUVEAU PELAGIANISME · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE AU NOUVEAU PELAGIANISME

On peut errer sur la grâce , ou en attribuant tout à l'action de Dieu dans l'âme et détruisant le libre arbitre, ou en excluant l'action de Dieu et attribuant tout au libre arbitre. C'est la résistance à cette dernière erreur que nous considérons. Dans l'antiquité, elle constitua le pélagianisme et fut terrassée par saint Augustin. Elle reparut au xii* siècle. Abailard la professa, saint Bernard la réfuta et la fit condamner. Bradwardin la combattait dans la première moitié du XIV' siède. En 1347, la Faculté de théologie la condamnait dans Jean Mercure, de l'ordre de Cîteaux *.

De tous les abus, c'est elle qui alluma le plus la fureur de Luther. Il disait que c'était là sa vraie que-

1. Voir Petit-Pied justifiant la 36* proposition de Quesnel, et Quesnei lui-même dans ses Mémoires.

2. On lit en tête de ce morceau, dans le manuscrit : Livbe II.

RÉSISTANCE A LA DÉCADENCE DE l'ÉgLISE DANS LA GRACE. C'eSl UD

titre général ; mais j'ai déjà averti qu'il est difficile de marquer exactement l'ordre et les subdivisions de ces fragments. Éd.

3. En recueillir d'autres exemples dans les Jugements ecclésiastiques de d'Argentré. (Écrit en marge.)

4lfl DÊGADENGB DE L'ÉGLISE

relte rivec TÉglise romaine ; que les aulres tf étakîDl en comparaison que des jeux d'enfants. Mais il ne se contenta pas d'abaisser le libre arbitre, qu'on exaltait ; lui et Calvin l'anéantirent et déchirèrent )'Ëglise« Le concile de Trente le rétablit comme il doit être. Pas plus que le protestantisme, il n'arrêta le mouvement qui portait le libre arbitre à supplanter la grâce. Les jésuites vinrent étendre ce mouvement et l'accélérer. Cependant là grâce ne manqua pas de défenseurs. Outre la saine partie du clergé, elle eût les principaux ordres i'eligieiix, tels que les augustins, les dominicains, lés bénédictins, les oratoriens, et particulièremerit les solitaires de Port-Royal. La lutte se régularisa et devint acharnée. Ce fiit Baïus qui commença cette grande et vigoureuse opposition. A la rigueur on pourrait encore la faire remonter aux lettres de Pierre Soto à Tapper, doyen de la Faculté de Louvain. Baïus posa les vérités de la grâce plutôt qu'il ne les démontra. Il était réservé à Jansénius d'en développer les preuves, rt intitula son triâvail : Augustin, ou Doctrine de saint Augustin touchant la santé, la maladie , la médecine de la nature humaine, contre les pélagiens et les semipélagiens ; il appelle ceux-ci massiiiens, parce qtie les semî - péiagiens étaient de Marseille. L'ouvrage se compose de trois volumes- Le premier comprend l'histoire du pélagianisrae et semi-pélagianisme. Le deuxième traite de la grâce du premier homme et des

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anges, de la nature tombée et de la pure nature. Le troisième a pour objet la nature réparée et a pour titre : Grâce du Christ Sauveur. Le tout forme onze cents pages in-folio ou deux mille deux cents colonnes...

Au XVI* siècle, Baïus avait combattu le surnaturalisme originel , spécialement dans l'opuscule de la Première justice de l'homme. Au xvir, Jansénius reprit le sujet dans un livre de son Augustinus touchant la grâce du premier homme et des anges, et dans trois livres sur l'état de pure nature, et suscita une multitude d'adhérents et de défenseurs.

(Donner le résumé de Gennes.)

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