La Chambre, Bulle (Jnigenitus, t. I, p
On ne se trompe pas moins sur saint Bernard : « qu'obéir par la crainte de l'enfer est bon, mais qu'il est meilleur de le faire par l'amour de Dieu*. » Il ne sépare pas radicalement le premier motif du second. L9 crainte de l'enfer qu'excite l'idée (Je la peine seule, sans l'idée de la séparation de Dieu, est mauvaise, c'est la crainte servile; la crainte de l'enfer, ou se rencontre celle d'être séparé de Dieu, comprend au moins un commencement de charité, et elle y mène.
Nous ne nous arrêterons pas aux paroles de l'Ecriture et aux autres passages des Pères qu'on invoque sans plus de raison ^ .
La même remarque s'applique à la foi et à l'espérance, également alléguées en preuve d'actions bonnes sans la charité. Comme le juif, croire et espérer en Dieu parce qu'il donne les biens temporels, est sans doute étranger à la charité. Mais croire et espérer en lui, se donnant lui-même outre les biens créés, comprend la charité. Or, la foi et l'espérance juives sont mauvaises.
Du moment qu'il existe des devoirs indépendants de la charité et embrassant la vie tout entière dans les rapports de l'homme avec Dieu, avec ses semblables et avec lui-même, il faut pour ceux qui les accomplis-
\ . Du Précepte et de la Discipline, ch. x. %. Ici l'auteur a écrit en marge : a Parler cependant des femmes égyptiennes, de Cyrus. » Éd.
sent une récompense analogue, une récompense autre que celle de la charité, c'est-à-dire que la possession de Dieu. Elle consistera sans doute principalement dans l'étude et la contemplation des merveilles de l'univers et de l'image des perfections divines qu'elles portent.
Cette félicité subalterne attend pareillement ceux qui ont été dans l'impossibilité d'accomplir ces devoirs, tels que les enfants morts sans baptême, les païens, les endurcis. Enlevant la surnaturalité, le péché originel n'a point atteint la pure nature qui constitue réellement l'homme, et l'homme n'est tenu de faire que ce qu'il peut par sa nature, qui est ici la pure nature. En perdant la surnaturalité , il a perdu l'éternelle possession de Dieu, auquel elle l'unissait, mais il lui est resté le bonheur attaché à sa pure nature. Cette perte est la seule punition du péché originel. L'ignorance, l'impuissance au bien et les autres misères sont des suites inhérentes à la pure nature. Dieu ne hait point l'homme qui s'y trouve, puisqu'il n'a point de trace en soi de la faute primitive.
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D*après la vraie intégrité, un seul ordre de devoirs. La raison étemelle devant tout régler, étant la règle de la volonté divine dans la création, elle v établit Tunité.
Diaprés le surnaturalisme primitif, Thomme, coupé en
deux, se traîne dans deux ordres de devoirs, Tun naturel, Taulre surnaturel. La création cesse d'être une.
Une partie n'a pas besoin de médiateur.
Jésus-Christ, médiateur universel*.
Examiner les passages des Pères que Montagne, Bellarmin. allèguent.