‹ Œuvres posthumes de Bordas-Demoulin; publeées, avec une introduction et des notesChapitre 198 sur 209 · SUR LE CHRISTIANISME. U · texte numérisé non relu

SUR LE CHRISTIANISME. U

de tous, el que le pouvoir de tous doit s'employer pour Futilité de chacun. Les saints qui ont quitté la vie, et dont le sort est à jamais assuré, demandent qu'on les aide à rendre grâces à Dieu de les avoir sauvés.

Les justes demandent que tout s'opère selon la justice. Dans le ciel, ils approuvent la condamnation des coupables; de même sur la terre, dans l'excommunication, ils lient et délient avec les pontifes. Mais il faut qu'ils connaissent ce qui se passe, qu'ils l'approuvent, qu'ils le jugent conforme au droit.

« Ces passages : Mes brebis entendent ma voix {Jean^ x), Gardez-vous des faux prophètes {Mat-thieu, vu), nous apprennent, dit Bellarmin {de Sacramentis, 1. I, c. xxv) , que tous les hommes doivent juger des dogmes, non en les examinant d'après l'Ecriture , comme les hérétiques , car si tous pouvaient le

faire l'Eglise n'aurait pas besoin de pasteurs et de docteurs; mais en les examinant d'après la doctrine antérieurement transmise et d'après l'enseignement des autres pasteurs. Tous en effet peuvent facilement juger si une doctrine est nouvelle. » Donc , suivant Bellarmin, les pasteurs n'auraient sur les laïques d'autre autorité que celle dé la science. Nous n'allons pas si loin.

Parallèle entre le passage du culte juif au culte chrétien, et le passage de \h société juive à la société chrétienne. Saint Paul, dans son EpUre aux Hébreux^ relève la grandeur du christianisnae aux Juifs que frappait la magnificence du Temple et des cérémonies , et qui se troublaient à la vue de la simplicité du cdte chrétien : un peu de pain et de vin , et quelques prières; une maison, un grenier, une cave pour temple. — Voir Y Analyse de VEpttre aux Hébreux^ p. 11.

L'homme, chrétien parfait, célébrera une fête éternelle, et point de fêtes particulières. Imparfait^ il a besoin de fêtes particulières , mais peu multipliées. — Voir saint Augustin, de la Vraie religion; saint Bernard, Lettre aux chanoines de Lyon ; Thomassin, Traité des fêtes, au commencement.

Le culte matériel et la lettre de la loi étaient arrêtés et invariables, c'était une machine faite exprès. Au lieu que le culte et la loi chrétienne, étant pour l'intérieur, ne garrottent point et laissent une grande liberté. Comme dit saint Paul, l'homme spirituel étant luimême sa loi, selon laquelle il juge de tout et se conduit, ce qui parle aux sens et agit sur le corps se trouve à sa plus simple expression. Cependant le chré-

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