SUR LE CHRISTIANISME
La parole est la seule puissance extérieure de FEgUse, comme la sainteté sa seule puissance intérieure.
La parole crée l'univers; la parole faite homme instruit les hommes et les guérit.
Les miracles de Jésus-Christ, ainsi que tous les sacrements, s'opèrent par la parole.
L'antiquité disait chaire, au lieu de pouvoir^ juridiction, terme introduit par le mélange de l'Église avec l'Etat , et emprunté au droit romain. Tant il est vrai que l'Église n'a d'autre pouvoir que la parole !
Les Pères qui voient l'Église couvrir le monde alors connu, prennent le. mot catholique pour cette uni versa-
lité et pour la vérité de l'Eglise. Ce qui aujourd'hui serait faux. Outre que l'Église est comme morte , on voit à côté le bouddhisme, Confucius, Mahomet, etc. La seule catholicité, c'est d'avoir toute la vérité , d'où l'universalité des lieux et des temps comme conséquence. — Voir l'observation de saint Augustin , Lettres, tome II, page 351 de la traduction française.
C'est par la loi de la charité que Dieu fait dépendre
toutes les grâces et en particulier l'effet des sacrements, de la prière des justes.
Dans l'antiquité, les sacrements étaient administrés sous la forme précatoire , et le sont encore chez les Grecs. Cette forme est plus convenable que l'indicative, qui sent la domination.
La charité parfaite anticipe l'effet des sacrements, et par là il est manifeste qu'elle a un autre auteur que le ministre de ceux-ci. — Voir Mésengui, Exposit. de la Doct. chrét.^ t. IV, p. 69.
Saint Paul, disant aux Philippiens (ch. m et iv) de l'imiter et les appelant sa joie et sa couronne, n'autorise point les termes exagérés appliqués à la Vierge ; pas plus que Moïse, appelé médiateur, d'appeler Marie médiatrice ; ni les apôtres, qualiSés lumières du monde, de la qualifier de même. Ainsi du reste. Car, dans tous ces cas, on voit parfaitement le sens, qui est vrai, au lieu que de Marie on ne le voit pas , ou bien on voit que le sens est faux.
Dans l'Église, l'union est telle que chacun a besoin