II
466 CORRESPONDANCE RELIG[ECSE
Etienne, saint Cyprien ne rompait point avec lui; il croyait seulement qu'Etienne faisait un mauvais usage de son autorité dans la question de la rebaptisât ion. En outre, saint Cyprien était en communion avec les églises de l'Orient, de l'Espagne, des Gaules, tandis que vous n'avez pas de communion avec un seul catholique.
Vous voulez un concile pour vous réunir à l'Eglise catholique. Alors vous resterez séparés jusqu'à la fin du monde, car elle ne vous l'accoixlera jamais pour le dogme. Dans les décrets dogmatiques du concile de Trente, elle a reconnu sa foi. Elle les a adoptés, et elle ne saurait les livrer à l'examen d'un concile nouveau qu'en doutant qu'elle soit infaillible, et qu'en s' anéantissant.
Après avoir signalé la pression de Rome sur le concile de Trente pour abolir les églises nationales , vous ajoutez que l'Eglise gallicane a conservé son individualité, en expliquant à son propre goût les décisions dogmatiques et en rejetant les canons disciplinaires. Elle n'a eu besoin d'interpréter que les décisions relatives au pape. Décisions plutôt de discipline que de dogme. Quant à la discipline proprement dite, elle en a pris plusieurs articles qu'elle a trouvés bons. Mais enfin, quelle que soit la part qu'elle s'est faite, pourquoi l'Église anglicane et les autres Églises protestantes ne l'ont-elles pas imitée ? Quand il n'y aurait pas eu un seul Français à Trente, que dis-je? quand le concile ne
se serait composé que de deux membres, et que ces deux membres auraient été deux légats de la cour romaine, s'ils avaient décidé comme le concile a fait, l'Église gallicane aurait adhéré à leurs décisions. En soi, il importe peu que les protestants n'aient pas assisté à l'assemblée tridentine. Vous paraissez être dans l'erreur de penser que le concile œcuménique prononce en dernier ressort ; tandis que c'est l'Église qui le fait, en acceptant, ou en rejetant, ou en modifiant les décrets. Si la France n'avait pas trouvé la vérité catholique dans les décrets dogmatiques de Trente, elle ne les aurait point reçus.
Vous voulez une réunion fondée sur le concile de Nicée. Mais de quelle règle peut servir aux protestants et aux catholiques un concile assemblé pour décider entre les catholiques et les ariens? Êtes-vous disciples d'Arius? Niez-vous la divinité de Jésus-Christ et ne niez-vous que ce point?
Les catholiques ne peuvent se réunir en concile avec les protestants que pour la discipline, et auparavant, il faut qu'ils soient d'accord sur le dogme. C'est pourquoi je ne crois point que la réunion des communions chrétiennes doive s'opérer au moyen d'un concile; elle ne se fera que par propagande. C'est par propagande aussi que l'Eglise catholique se réformera. Nous travaillons à répandre la foi pure. Quand elle aura conquis un assez grand nombre de personnes pour
qu'elles influent sur la direction des affaires ecclésiastiques, elles feront nommer de bons évêques; ces évêques supprimeront les abus, régénéreront l'Eglise, et alors les protestants, les déistes, les incrédules qui la fuient à cause de son pervertissement, la voyant dans sa beauté naturelle, reviendront à elle. Nous aimons à
penser que vous, et votre Eglise américaine, n'attendrez pas jusqu'alors, et que bientôt vous joindrez vos efforts aux nôtres pour abattre l'ultramontanisme.
A M. LE RÉDACTEUR DU Bien pMic^ ,
Monsieur le Rédacteur,
On nous communique le numéro de votre journal du 28 juin 1856, où il est question de nos Essais sur la réforme catholique.
Nous ne venons point discuter avec vous. Pour le faire, il faudrait commencer par vous apprendre les premières notions de la théologie et du droit canonique, dont vous ne semblez pas avoir la moindre idée. Or, probablement,' vous n'êtes pas plus disposé à recevoir des leçons de nous, que nous n'avons envie de vous en donner.
Continuez donc à glorifier l'hérésie, et à invectiver contre les défenseurs de la foi catholique. Boulever-