Sess. XIII, cap. ui, can. iv
CONSTITUTIFS DE L^ÉGLISE. 5b
peui*étre faudrait-il encore laisser à chacun ses explioatioDS , puisque en recevant ies Grecs, soit en particulier, comme on en reçoit tous les jours, soit même en corps , on n'a dressé aucune formule pour, en ce point, leur faire quitter leur sentiment : ce qu'on a fait apparemment à cause des autorités que les Grecs apportent pour eux, qui ne sont pas méprisables, mais dans la discussion desquelles je ne crois pas que vous vouliez m'engager, puisque vous voyez assez, sans y entrer, la parfaite uniformité de l'Orient et de l'Occident dans l'essentiel. »
Ainsi l'usage de dire seulement après les paroles consécratoires la prière qui demande la transsubstantiation, n'est pas exclusif à l'Église grecque, et on est libre de soutenir que la transsubstantiation demeure en suspens jusqu'à ce que cette prière ait été émise. Que si, comme dit Bossuet, elle manque souvent dans les rits mozarabe et ancien gallican, c'est qu'on aura cru sans doute qu'élever les yeux au ciel, à Dieu, bénir le pain et le vin en consacrant, pouvait la remplacer, puisque c'est également demander que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus-Christ. D'où il suit qu'en l'absence de cette prière , l'eucharistie a encore le tour précatoire. Quoique les sacrements ne le présentent pas aussi complètement chez les Latins que chez les Grecs, ils l'ont néanmoins assez pour qu'il soit évident que leur effet est dû à la prière. Est-ce à la
prière de ceux qui les administrent? Bst*ce à la prière des saints ? Si c'est à la prière des saints, ce que j'ai avancé se trouve vérifié ; savoir, qu'à considérer seulement le tour précatoire des sacrements, il prouve que l'effet sacramentel s'obtient par les supplications des justes.