CHAPITRE III
l'église a un usage des clefs.
Que rÉglise ait un usage des clefs, c*est ce qui est formellement énoncé dans la 90* proposition de Quesnel, et soutenu par lui, par Legros et par tous ceux qui défendent cette proposition. La voici encore : « C'est rÉglise qui a l'autorité d'excommunier pour l'exercer par les premiers pasteurs, du consentement au moins présumé de tout le corps* » ^
« N'est-on pas obligé, dit Quesnel, non-seulement de présumer, mais même de croire que si le ministre exerce légitimement l'autorité qu'il a reçue de l'Église, l'Eglise y consent; comme, au contraire, si on savait que l'Église ne dût pas ratifier l'usage que son ministre fait de son autorité, il en faudrait conclure que l'usage n'a pas été légitime?
« Je n'avais rien avancé là que je ne puisse autoriser par les paroles du pape saint Innocent I". Ce pape, dans sa lettre décrétale écrite à Décentius, évêque d'Eugubio, s'élève contre la nouveauté de quelques prêtres ou évêques, qui se donnaient les uns aux autres la paix avant la célébration des saints mvstères, au lieu de se
la donner après qu'ils étaient achevés. La raison qu'avait ce pape de s'opposer à ce renversement d'ordre, c'est, dit-il, qu'il faut nécessairement faire donner la paix après qu'on a achevé les choses que je ne dois pas découvrir (c'est l'oblation du sacrifice de l'eucharistie) , afin que par la paix il soit constant que le peuple a donné son consentement à tout ce qui se célèbre dans l'Eglise, et que le baiser de paix soit comme le sceau qui fasse voir que tout est fini et ter- ( miné^. »
(( A quoi pensait-il ce saint pape de parler du consentement du peuple pour la célébration des saints mystères ? Il ne se contentait pas de présumer que les fidèles avaient ratifié par leur présence et en répondant amen à la bénédiction eucharistique, comme saint Paul nous l'insinue, ce que le prêtre avait fait à l'autel et dont le pape n'osait parler clairement; il voulait que l'aveu et le consentement des fidèles fût solennellement et publiquement marqué par le baiser de paix. Assurément, je n'en ai pas tant dit, lorsque j'ai parlé du consentement présujj|6 du corps de l'Eglise dans l'usage que ses ministres font de son autorité, quand ils le font selon ses règles et dans son esprit...
« Je ne sais comment serait faite la conscience d'un évêque ou d'un autre supérieur, qui prononcerait une