Le sommeil de l'Apocalypse
r.xx INTRODUCTION.
« Et mon esprit qui depuis si longtemps déjà n'avait, tremblant. « éprouvé la stupeur que me causait sa présence,
« Sans davantage la reconnaître des yeux, par une vertu occulte a qui d'elle émana, de l'ancien amour sentit la grande puissance. »
Dante, alors, jette un regard en arrière, espérant revoir Virgile : mais son Guide a soudainement disparu. Béatrix lui adresse des reproches de négligence qu'il faut interpréter dans un double sens : le premier, ayant trait à la théologie dont il a délaissé l'étude ; le second, à son premier amour dont il a outragé le souvenir en se mariant après la mort de celle qui en était l'objet. Cependant, Béatrix pardonne. Cette dame (Mathilde) qu'il avait vue sur l'autre bord du courant mystique, l'immerge dans les eaux du Léthé, — car c'est bien le Léthé qui les séparait naguère — et ce bain précieux lui ôle jusqu'à la ressouvenance du péché. Elle lui fait boire les eaux de l'Eunoé, dont le goût ravive en lui la mémoire du bien, qu'il avait perdue en se plongeant dans le fleuve d'oubli. Purifié, rajeuni grâce à ces eaux saintes,
« Je revins, dit-il, de la très-sainte onde, renouvelé comme des « plantes qu'une vie nouvelle a revêtues d'un nouveau feuillage,
« Pur et préparé à monter aux étoiles. »
Donnant à entendre par là que la confession du péché , accompagnée d'un vrai repentir, peut seule conduire l'homme à la contemplation des choses célestes.