A m'i* c. de lucinière
A la Chênaie, le 26 â-vTil )822 .
Pauvre petite Julie' ! et sa pauvre tante ! Que votre lettre, ma ijoiine amie, me peine profondément ! Je voudrais être près de vous, je le voudrais pour tout au monde ; il me semble que j'ai des droits à toutes vos douleurs, et que personne ne peut les partager comme moi. Je suis tourmenté de votre position, je ne puis penser à autre chose. Que de larmes, que d'inquiétudes, que de tristes soins ! Et je ne suis pas là pour vous soutenir, vous aider, vous consoler, en pleurant avec vous, en épanchant dans votre cœur, à toutes, mon pauvre cœur qui vous est si tendrement dévoué ! Dieu ne Ta pas voulu, afin sans doute d'être lui seul votre appui dans cette douloureuse circonstance. Jetez -vous donc dans son sein, et ne vous laissez point abattre. Tout passe autour de nous, nous passerons aussi. Adorons les volontés de la divine Providence, et fixons constamment nos regards sur notre véritable patrie, sm' ce beau ciel où il n'y a plus ni pleurs, ni séparations, ni regrets, et où nous attendent nos amis qui nous ont précédés. Mon frère part aujourd'hui de Saint- Brieuc pour venir installer des Petits-Frères à Pleudëcher ^.