‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 57 sur 165 · A M. BERRYER · texte numérisé non relu

A M. BERRYER

A la Chênaie, le 18 septembre 1825.

Si je ne vous ai pas écrit, mon cher ami, c'est qu'outre mille occupations, j'ai été extrêmement faible et soutirant. Je ne sais d'où cela vient , mais il ne se passe guère de jour où je n'aie des espèces d'évanouissements. Cela tinira, mais vous concevez que je n'ai pu guère m'occuper d'une affaire qui me fait beaucoup de mal toutes les fois que je suis forcé d'y penser.

J'ai écrit deux fois à notre ami -, et je n'en ai point de réponse. Cela m'atilige, car ce silence n'est pas dans son caractère. Je conçois bien peu de chose à son état. Jouissez de la campagne, mon cher ami, pendant les beaux jours qui nous restent, et, en vous promenant sous vos ombrages, songez qu'on pense à vous et qu'on vous aime sous d'autres ombrages lointains. Hélas ! comment ne vous aimerait-on pas ? Vous êtes si bon, cher. Mon pauvre cœur se repose dans le vôtre, et là, il sent que tout n'est pas tristesse et douleur sur la terre. Aimez-moi aussi, cher, et dites-le-moi; cette douce parole va bien avant; elle ranime mon âme qui plie quelquefois sous le poids de tout ce qui la presse.

Mille tendres hommages à M""^ Berryer. J'embrasse notre

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