Curé de Genève
v()iis(lirai-jo encore? Ne savez-vous pas ce que je vous suis, et ce que vous êtes pour uioi ?
1/|3. \ M. LE BARON DK VITROLLER.
Saiut-Sauveur, le 28 septembre 1826.
llih- — M- l'abbé GERBET a m. de SENFfT.
Paris, le 7 octobre ISî6.
Monsieur le comte,
le viens de recevoir, par une lettre de l'abbé de Salinis, des nouvelles de M. lY'li, qui suivent de près celles que j'ai eu riionneur de vous Iransnicttre mercredi dernier et les confirment. Notre cher voyageur se trouve toujours beaucoup mieux.
Ils étaient sur le point de quitter Saint -Sauveur, pour aller passer quelques jours à Louvie, maison de campagne d'un oncle de l'abbé de Salinis, dans une situation charmante, à l'entrée de la vallée d'Ossau. De là, ils iront à Morlaas, y séjourneront deux ou trois jours, puis s'achemineront vers Paris, mais non pas tout d'un trait, afin d'éviter la fatigue. Ils arriveront ici vers le 15 de ce mois. M. Féli trouvera son appartement tout prêt. Je m'installe aujourd'hui dans notre nouveau logement. La chambre de M. féli, qui n'est pas sur le devant de la maison, et a vue sur un jardin, n'entend pas le bruit de cette rue d'Enfer. L'abbé Rohrbacher se réunit à nous.
Quelque bien que le voyage des Pyrénées ait pu faire à
1. Cette lettre, particulièrement précieuse pour l'Éditeur, renferme le touchant témoignagre de la bienveillance que Lamennais lui accorda dés les premiers temps de leurs relations. Lamennais, s'intéressant assez à un enfant de treize ans pour otTrir de diriger son éducation et de le prendre, au besoin, dans sa maison, le faisait à jamais son débiteur, (^'est cette dette, et celle d'une longue amitié fidèlement conservée à cet enfant devenu homme, que l'Éditeur s'efforce d'acquitter aujouid'hui.
1% 'CORRESPONDANGK
M. Féli, je crains encore pour lui, cet hiver, le séjour de Paris. Son projet est cependant d'y rester, pour travailler à l'ouvrage qu'il a annoncé. Mais si son médecin, le docteur Alain, qui a sa confiance, n'approuve pas ce projet, je rappellerai les droits de Turin, ou plutôt je n'aurai pas besoin de les rappeler, car ils sont toujours présents à sa pensée ; mais enfin je ferai de mon mieux à cet ég^ard. Nous nous consolerions un peu de son absence, en pensant qu'il serait si bien !
M. Waille, qui, vers la fin du mois d'août, a envoyé à Turin, à l'adresse de M. Croletti, inspecteur de l'administration centrale principale des {gazettes , deux lettres de M. Féli, l'une pour M™" la comtesse de Riccini, l'autre pour le P. Ventura , désirerait savoir si elles sont parvenues à M. Croletti, pour en donner avis à M. Féli, à son arrivée.
L'abbé Rohrbacher me charge, monsieur le comte, de vous présenter ses respects, ainsi qu'à M"^^^ les comtesses de Senfft. J'y joins ceux du troisième ermite.
1/l5. — A M™® LA COMTESSE DE SENFFT.
Paris, le 21 octolire 1826.
Combien je suis touché des témoignages si tendres de bonté que je recois de vous! J'ai trouvé ici en arrivant votre lettre du l/j, celle de la comtesse Louise du 10, et l'on me remit hier en main propre, et très-intacte, celle de mon cher comte, aussi du ik- Oh! si vous saviez combien j'aspire au moment oii je vous reverrai tous! ce sera une des plus douces joies de ma vie. Sur le reste, je ne puis que me résigner à la volonté de la Providence. Elle a ses desseins, que j'adore sans les comprendre : mon unique désir 3st de vivre et de mourir en défendant la grande cause de l'Église et de la société.
Quelque pénible qu'ait été mon voyage, il m'a du moins appris qu'aucun organe essentiel n'est attaqué, et que ma maladie est purement nerveuse. Elle n'offrirait de danger