‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 90 sur 165 · M. O'Mahony · texte numérisé non relu

M. O'Mahony

3. Dans son fameux Mémoire à consnller M/r un système religieur et politique tendant à renverser la lieligion, la Société et le Trône. Cette virulente dénonciation des menées congreganistes avait sa garantie dans l'honnêteté incontestée de l'auteur et dans son passé politique. Ancien membre de la droite dans l'Assemblée constituante, ancien émigré, auteur de livres empreints du royalisme le plus exalté, le comte de Montlosier ne pouvait être récusé comme suspect. On essi va de le faire passer pour fou ; mais cette lactique eut beaucoup moins de succès que son livre.

I)K LAMHXNAIS. 201

assure qiu- ral)b(' Fayct, l'ai)!)!' Mire, neveu de M. Boyeret (le M. l'iayssinous, et lahlK' de lUdly, ancien grand vicaire de M. lieauiieu, sont nouunés maîtres des re(juêtes. On ajoute que M. AtiVc doit sa nomination à un I)eau livre sur les Libertés gallicanes , qu'il a composé par ordre de l'évêquc d'Ilermopolis, et (jui paraîtra bientôt. L'administration ecclésiastique est tr^s-active dans ce sens. Les détails seraient trop longs, et il y en a ([ui vous étonneraient. Supposez tout , et vous approcherez du vrai. D'un autre côté, les journaux continuent journellement d'écliaufïer les esprits, de remuer les passions et de préparer des violences (jui désormais ne sauraient tarder longtemps à éclater. On veut 1088, et on l'aura; mais de 88 à 93 la distance est courte , et on y arrivera aussi. Dieu j)ar-dessus tout ! il l'a dit : Non prœvo- Icbunt. On rit de tant d'extravagance, et l'on pleure de tant de crimes.

.Notre bon évêciue de Rennes est tombé malade de fatigue , au moment même où le Jubilé allait ouvrir. Il va mieux, mais de longtemps il ne pourra s'occuper d'affaires : c'est un surcroît de travail pour mon pauvre frère.

Quant à l'évêque de Saint-Brieuc , sa maladie est d'une autre nature ; il lui est venu à l'esprit de donner, dans son école ecclésiastique de Plouguernevel , un Jubilé à sa manière. Qu'il écrive une comédie, cela se conçoit; sur le mot, on imaginera qu'il compose ses .Mémoires ; mais qu'il la joue , c'est un peu plus fort. 11 en a pourtant donné le plaisir aux habitants de Plouguernevel, pour qui ce spectacle était très-nouveau de toutes façons. Malheureusement pour Sa Grandeur, elle avait confié à l'un de ses valets de chambre un rôle dont l'infortuné n'a jamais pu sortir; ce qui, du reste , n'a fait qu'ajouter à V/ii/ari té T[)u.h\k[ue, comme on dit constitutionnellement. Je voudrais qu'on fit imprimer cette œuvre comique à la suite de celle du 13 avril ', ou avant , si on l'aimait mieux.

Mille et mille tendresses.

1 . Date <le la Doclaraticdi demandée aux évêqnes, et qu'avait sans doute sij;iiée le uialheureux i>i-élat dont il est ici question.

Taris, 15 novembre 1S26.

Vos lettres à tous , si bonnes, si aimables , si tendres, font ma seule joie, et, après Dieu, ma seule consolation. Ce qui se passe à R. ' achève de me prouver que là aussi les deux partis sont maintenant en présence. Tant mieux, le dénouement en sera moins éloigné.

Le Pape est instruit; il a une grande âme; l'Esprit-Saint ne l'abandonnera pas. il fera ce que la Providence lui inspirera pour l'accomplissement de ses desseins sur la société et sur l'Église. Croyons, et ne nous laissons point ébranler. Je suis prodigieusement faible par nature, mais le bon Dieu me donne le courage dont nous avons besoin en ces tristes circonstances, et j'ai la confiance qu'il me le conservera.

Le mal fait ici des progrès rapides. Vous avez vu la destitution de Laurentie , comme prévenu d'ultramontanisme. Le même genre de persécution s'exerce plus obscurément dans les provinces. L'archevêque de Reims se distingue surtout dans cette guerre contre le Saint-Siège et ses fidèles sujets. Les Fr. ^, les Cl.^, et ce qui les entoure , sont pleins d'une rage qu'on ne saurait peindre. Rien désormais ne les arrêtera. Tout le reste, ministère, Chambre, magistrature, journaux, pousse de son mieux au schisme; l'Lglise nationale est dans toutes les têtes , sans excepter celles du faubourg Saint-Germain. La force de résistance est uniquement dans les provinces ; dans le clergé , excellent en masse ; dans le peuple , attaché profondément à la foi catholique , à l'Église et à son chef. Si quelques esprits hésitent encore sur des questions importantes, c'est qu'on a l'art de leur faire croire que le Pape apj)rouve le gallicanisme actuel et blâme ceux qui le combattent. On les détache du Pape par l'autorité du Pape.

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