‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 100 sur 213 · HARMONIES ÉLÉMENTAIRES DES PLANTES A'VEC LE SOLEIL, PAR LES FLEURS · texte numérisé non relu

HARMONIES ÉLÉMENTAIRES DES PLANTES A'VEC LE SOLEIL, PAR LES FLEURS

Quoique les botanistes aient fait de grandes et laborieuses recherches sur les plantes , ils ne se sont occupés d'aucun de ces rapports. Enchaînés par leurs systèmes , ils se sont attachés partiailièremeut à les considérer du côté des fleurs; et ils les ont rassemblées dans la même classe, quand ils leur ont trouvé ces ressemblances extérieures, sans chercher même quel pouvait être l'usage particulier des différentes parties de la floraison. A la vérité, ils ont reconnu celui des étamines, des anthères et des stigmates , pour la fécondation du fruit ; mais celui-là et quekiues autres qui regardent l'organisation intérieure exceptés, ils ont négligé ou méconnu les rapports que la plante entière a avec le reste de la nature.

Cette division partielle les a fait tomber dans la plus étrange confusion; car, en regardant les fleurs comme les caractères principaux de la végétation, et en comprenant dans la même classe celles qui étaient semblables, ils ont réuni des plantes fort étrangères les unes aux autres, et ils en ont séparé, au contraire^ qui étaient évidemment du même genre. Tel est, dans le premier cas, le chardon de bonnetier , appelé dipiacus , qu'ils rangent avec les scabienses , à cause de la ressemblance de quelques parties de sa fleur, quoiqu'il présente, dans ses branches , ses feuilles, son odeur , sa semence , ses épines et le reste de ses qualités , un véritable chardon; et tel est , dans le second , le marronnier d'Inde , qu'ils ne comprennent pas dans la classe des cliâtaigniers, parce qu'il a des fleurs différentes. Classer les plantes par les fleurs, c'est-à-dire par les parties de leur fécondation , c'est classer les animaux par celles de la génératiÂi.

Cejjendant, quoiqu'ils aient rapporté le carac-

Bei\nardin.

tère d'une plante à sa fleur , ils ont Inécoima l'usage de sa partie la plus éclatante , qui est celui de la corolle. Ils appellent corolle ce que nous appelons les feuilles d'une fleur , du mot latin coroûa , parce que ces feuilles sont disposées en forme de petites coui-onnes dans un grand nombre d'espèces, et ils ont donné le nom de pétales aux divisions de cette couronne. A la vérité, quelques-uns l'ont reconnue propre à couvrir les parties de la fécondation avant le développement de la fleur; mais son calice y est bien plus propre , par son épaisseur , par ses barbes , et quelquefois [Mir les épines dont il est revêtu. D'ailleurs , quand la corolle laisse les étamines à découvert , et qu'elle reste épanouit* pendant des semaines entières , il faut bien qu'elle serve à quelque autre usage ; car la nature ne fait rien en vain.

La conAle parait être destinée à réverbérer les rayons du soleil sur les parties de la fécondation; et nous n'en douterons pas , si nous en considérons la couleur et la forme dans la plupail des fleurs. Nous avons remarqué , dans l'étude précédente, que de toutes les couleurs, lablanclie était la plus propre à réfléchir la chaleur : or, elle est en généi'al celle que la nature donne aux fleurs qui éclosent dans des saisons et des lieux froids , comme nous le voyons dans les perce-neiges , les mugiiels , les hyacinthes, les narcisses, et l'anemona nemorosa, qui fleurissent au commencement du printemps. II faut aussi ranger dans cette couleur celles qui ont des nuances légères de rose ou d'azur, comme plusieurs hyacinthes; ainsi que celles qui ont des teintes jaunes et éclatantes, comme les fleurs des pissenlits, des bassinets des prés , et des giroflées de murailles. Mai^^lles qui s'ouvrent dans des saisoas et des lieux chauds, comme les nielles, les coquelicots et les bluets, qui croissent l'été dans les moissons, ont des couleui-s fortes, tel que le pourpre, le gros rouge et le bleu, qui absorbent la chaleur , sans la réflédiir beaucoup. Je ne sache pas cependant qu'il y ait de fleur tout-à-fait noire ; car alors ses pétait s, sans réflexion, lui seraient inutiles. En général, de quelque couleur que soit une fleur , la partie inférieure de sa corolle, qui réfléchit les rayoasdu soleil, est d'une teinte beaucoup plus pâle que le reste. Elle y est même si remarquable, que les l)otanistes, qui regardent en général les couleurs, dans les fleurs, comme de simples accidens, la distinguent sous le nom a d'onglet. » L'onglet est , par rapport à la fleur, ce que le ventrp est par rapport aux animaux : sa nuance est presque toujours plus claire que celle du reste du pétale.

Les formes des fleurs ne sont pas moins propres

3âG

ÉTUDE ONZIÈME

que Icnrs couleurs à réfléchir la chaleur. Leurs corolles divisées en pétales ne sont qu'un assemblage de miroirs dirigés vers un foyer. Elles en ont tantôt quatre qui sont plans, comme la fleur du chou dans les crucifères ; ou un cercle entier , comme les marguerites dans les radiées ; on des portions sphériques , comme les roses; ou des sphères entières, comme les grelots du muguet; ou des cônes tronqués , comme la digitale , dont la corolle est faite comme un dé à coudre. T.a nature a mis au foyer de ces miroirs plans, sphériques, elliptiques, paraboliques , etc. , les parties de la fécondation des plantes , comme elle a mis celles de La génération dans les animaux aux endroits les plus chauds de leurs corps. Ces courbes , que les géomètres n*ont pas encore examinées , sont dignes de leurs plus profondes recherches. Il est même bien étonnant qu'ils aient employé tant de savoir pour trouver des courbes imaginaires et souvent inutiles, et qu'ils n'aient pas cherché à étudier celle que la nature emploie avec tant de régularité et de variété dans une infinité d'objets. Quoi qu'il en soit, les botanistes s'en sont encore moins souciés. Ils comprennent celles des fleurs sous un petit nombre de classes , sans avoir aucun égard à leur usage , ni même le soupçonner. Ils ne font attention qu'à la division de leurs pétales, qui ne change souvent rien à la conflguration de leurs courbes, et ils réunissent fréquemment sons le même nom celles qui sont le plus opposées. C'est ainsi qu'ils comprennent , sous le nom de « monopétales, » le sphéroïde du muguet et la trompette du convolvulus.

Nous observerons à ce sujet une chose très-remarquable, c'est que souvent telle est la courbe que forme le Mmbe ou extrémité supérieure du pétale, telle est celle du plan du pétale même ; de sorte que la nature nous présente la coupe de chaque fleur dans le contour de ses pétales, et nous donne à la fois son plan et son élévation. Ainsi, les roses et rosacées ont le limbe de leurs pétales en portion de cercle , comme la courbure de ces mêmes fleurs; les (cillets et les blnets , qui ont leurs bords déchiquetés, ont les plans de leurs fleurs plissés comme des éventails, et forment une multitude de foyers. On peut, au défaut de quelque fleur naturelle, vérifier ces curieuses remarques sur les dessins des peintres qui ont dessiné le plus exactement les plantes, et qui sont en bien petit nombre. Tel est, entre autres,' Aubrict, qui a dessiné celles du Voyage au Levant de Toumefort * avec le goût d'un peintre et la précision d'un botaniste. On y verra la confirmation de ce que je viens de dire. Par exem-

* Toiimefort, Voyage au Lerant, tome I.

pie , la scorzonera grœca saTaiiHs et mariUma foliis varie laciniatis, qui y est représentée , a ses pétales ou demi-fleurons éqnarris par le bout , et plansdansleur surfece. La fleur de la stachis cretiea latifolia , qui est une monopétale eu tuyau , a la partie supérieure de sa o(Ht)lle ondée ainsi que son tuyau. La cafnpanula grœca iaraUlis jacoheœ fih His présente ces consonnances d'iuie manière encore plus frappante. Cette campanule, que Tournefort regarde comme la plus belle qu'il ait jamais vue , et qu'il sema au Jardin du Roi , où elle a réussi, est de forme pentagonale. Chacun de ses pans est formé de deux portions de cercle , dont les foyers se réunissent sans doute sur la même anthère ; et le limbe de cette campanule est découpé eu cinq parties , dont chacune est taillée en arcade gothique, comme chaque pan de la fleur. Ainsi, pour connaître tout d'un coup la courbure d'une fleur , il suffit d'examiner le bord de son pétale. Ceci est fort utile à observer, car il serait autrement fbrt difficile de déterminer les foyers des pétales : d'ailleurs , les fleurs perdent leurs courbures internes d^ns les herbiers. Je crois ces consonnanoes générales; cependant je ne voudrais pas assurer qu'elles fussent sans exception. La nature peut s'en écarter dans quelques espèces , pour des raisons qui me sont inconnues. Nous ne saurions trop le répéter, elle n'a de loi générale et constante que la convenance des êtres. Les relatipns que nous venons de rapporter entre la courbure des limbes et celle des pétales paraissent d'aifleurs Ibodées sur cette loi universelle, puisqu'elles présentent des convenances si agréaliles à rapprocher.

Les pétales paraissent tellement destinés à réchaufTer les parties de la fécondation, que la nature en a mis un cercle autour de la plupart des fleurs composées , qui sont elles-mêmes des agrégations de petits tuyaux en nombre infini, qui forment autant de fleurs particulières appelées fleurons. C'est ce qu'on peut remarquer dans les pétales qui environnent les disques des marguerites et des soleils. On les retrouve encore autour de la plupart des ombellifères : quoique chaque petite fleur qui les compose ait ses pétales particuliers, il y en a un cercle de pins grands qui entoure leur assemblage , ainsi qu'on peut le voir aux fleurs du daueus *.

La nature a encore d'autres moyens de multi-

* L'antenr donne UA , peut-être improprement, le nom de pétales à la coHerette desomliellifères etaux fleurons complris qui environnent le disque de la marguerite. Mais ce n'est que la pauvreté de la langue qn'il but accuser du peu de jnstnw de celle expression, qni . an reste, rend très-bien ridëp.

DES PLANTES

plîer les reflets «le la chaleur daus les flenrs. Tan- ÎÙL elle les place sur des liges pea élevées, aGu qa*eUes soieiil édiaiiffées par 1^ réflexions de la terre; laolôc elle glace irâr corolle d*un vernis brillanl, eomme dans les renoocales jaunes des prés appelées bassinets. Qnekpiefois elle en soustrait la corolle , et fiût sortir les paitit*s de la fécondation des parois d'un épi,d*un cône, on d*une brandie d*arbre. Les formes d'épi et de cône paraissent les plus propres à réverbérer sur elles FactioD dn solefl , et à assurer leur fructification;, car elles lenr présentent toujours quelque cdté abrité du finoid. Il est même très-remarquable que Fagrégation de flenrs en cône ou en épi est fort commune aux herbes et aux arbres du nord, et est fort rare dans ceux du midi. \jà plupart des graminées que j*ai vues dans les pays du midi ne portent point 1. urs grains en épi, mais en panadies flottans, et divisés par ime multitude de tiges particulières, comme le millet et le riz. Le mais on blé de Turquie y porte, à la vérité , im gros épi ; mais cet épi est lo^-temps enfermé dans un sac; et quand il en sort, U pousse au-ilessu; de sa tète un long chevelu qui semble uniquement destiné k abriter ses flenrs du soleil. Enûn, ce qui coiifinne que les fleurs des plantes sont ordonnées à Faption de la chaleur suivant chaque pays, c'est que beaucoup de nos plantes d'Europe végètent fort bien aux Iles Antilles, et n'y grènent j .mais. Le père Ou Tertre y a observé * que les choux, le sainfoin, la luzerne , la sarriette, le basilic, l'ortie , le plantain, rabsinihe, la sauge, Thépatique, l'amarante, et toutes nos espèces de graminées, y croissaient à merveille, mais n'y donnaient jamais de graines. Ces observations prouvent que ce n't'st ni l'air ni la terre qui leur est contraire, mais le soleil qui agit trop vivement sur leurs fleurs; car la plupart de ces plantes les portent agrégées en épis qui augmentent beaucoup la répercussion des rayons solaires. Je crois cependant qu'on pourrait les iiatu-. rallier dans ces Iks, ainsi que beaucoup d'autres végétaux denos dimats tempérés, en choisissant, dans les variétés de leurs espèces, celles dont les fleurs ont le moins de champ , et dont les couleiurs sont les plus foncées, ou celles dont les panicules sont divergens.

Ce n'est pas que la nature n'ait encoi'e d'autres ressources pour foire croître des plantes du même genre dans des saisons et des climats difTérens. Elle en rend les fleurs susceptibles de réfléchir la dialeur à difTérens degrés de latitude , sans pres-

* Histoire naturelle de» ilet ÀntiHet. par le père Dn Tertre.

que rien changer à leurs formes. Tantôt elle les place sur des tiges élevées, pour les soustraire à la réflexion du sol ^. C'est ainsi qu'elle a mis, entre les tropiques, la plupart des fleuns apparentes sor des arbres. J'y en ai vu bien peu dans les prairies, mais beaucoup dans les forêts. Dans ces: pays, U faut lever les yeux eu haut pour y voir des fleiws; dans le nôtre, U faut les baisser à terre. Elles sont chez nous sur des herbes et siu* des arbrisseaux. Tantôt elle les fiiit édore à l'ombre des feuilles; telles sont celles des palmiers et des jacquiers, qui croissent immédiatement au tronc de l'arbre. Telles sont aussi chez nous ces larges cloches blanches , appdées chemises de Notre-Dame , qui se plaisent à l'ombre des saules. Il y en a d'autres, comme les fleurs de qudques convdvulus, qui ne s'ouvrent que la nuit; d'autres viennent à terre et à découvert, conune les pensées ; mais elles ont leurs pavillons sombres et veloutés. U y en a qui reçoivent Faction du soleil quand U est bien élevé, comme la tulipe; mais la nature a pris les précautions de ne fiiire paraître cette birge fleur qu'au printemps, de peindre ses pétales de couleurs fortes, et de barbouiller de noir le fond de sa coupe <*. D'autres sont disposées en girandoles, et ne reçoivent l'effet des rayons solaires que sous un rumb de vent. Telleestlaghandoledu lilas, qui, regardant par ses différentes faces le levant , le midi , le couchant et le nord, présente sur le même bouquet des fleurs en bouton, entr*ouvertes, épanouies, et toutes les nuances ravissantes de la floraison.

Il y a des fleurs, comme les composées , qui , étant dans une situation horizontale, et tout-à-foit à découvert, voient, comme notre horizon , le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher ; tdlc est la fleur du pissenlit. Mais elle a un moyen bien particulier de s'abriter de la chaleur : die se referme quand elle devient trop grande. On a observé qu'elle s'ouvre en été, à duq heures et demie du matin, et réunit ses p^les vers le centre à neuf heures. La fleur de la chicorée des janlins , qui est, au contraire , dans un plan vertical, s'ouvre à sept lieures, et se ferme à dix. Celait par une suite

* On trouve dint la Flore des AntUles , de M. de Tuasac. inie obtenration qui appuie celle de l'auteur dci Études, A la Jamalqu *. l'ardeur continue du soleU. pendant plusieun mois , donne au sol la dureté de la pierre . et le dépouHIe de tousses végéUux. Mais la nalure vient au secours de ces tristes conlréent elle couvre cette terre desséchée d'arbres (le hrosimumalicasVrum), dont les feuilles se mulUplient sons les feux dn ciel. Ce sont des espèces de prairies qu'elle élève dans les airs , au moment où celles de la terre se sont flétries. C'est une récolte qu'elle prépare pour Tbomuie et pour les animaux ; et peut-être que. sans cette prévoyance singulière, ce climai serait inbabitaMe ime partie de l*ann(^. ( A .-M.)

ÉTUDE ONZIÈME

d*observalions semblables que le célèbre Linnée avait formé une horloge botanique; car il avait trouvé (les plantes qui ouvraient leurs fleurs à toutes les heures du jour et de la nuit. On cullive au Jardin du Roi une espèce d'aloès serpentin sans épines, dont la fleur, grande et belle, exhale une forte odeur de vanille dans le temps de son épanouissement, qui est fort court. Elle ne s'ouvre que vers le mois de juillet, sur les cinq heures du soir : on la voit alors entr'ouvrir peu à peu ses pétales, les étendre, s'épanouir et mourir. A dix heures du soir, elle est totalement flétrie, au grand étonnement des spectateurs , qui y accourent en foule; mais on n'admire que ce qui est rare. La fleur de notre épine commune (qui n'est pas celle de l'aubépine) est encore plus extraordinaire ; car elle fleurit si \ite, qu'à peine a-t-ou le temps d'observer son développement.

Toutes ces observations démontrent clairement les relalioas des corolles avec la chaleur. J'en ajouterai une dernière, qui prouve évidemment leur usage : c'est que le temps de leur existence est réifié sur là quantité de dialeur qu'elles doivent rassembler. Plus il fait chaud , moins elles ont de durée; presc|ne toutes tombent dès que la plante est fécondée.

Mais si la nature soustrait le plus grand nombre des fleurs à l'action trop violente du soleil , elle en destine d'autres à paraître dans tout l'éclat de ses rayons sans en être offensées. Elle a donné aux premières des réverl)ères rembnmb, ou qui se ferment suivant le besoin ; eUe donne aux autres des parasols. Telle est l'impériale, dont les fleurs en clodie renversée croissent à l'ombre d'un panache de feuilles. Le chrysanthemum peruvianum , ou , pour ))arler plus simplement , le tournesol , (|ui se tourne sans cesse vers le soleil, se couvre, comme le Pérou d'où il est venu , de nuages de rosée qui rafraîchissent ses fleurs pendant la plus grande ardeur du jour. La fleur blanche du lychnis, qui vient l'été dans nos champs , et qui ressemble de loin à une croix de Malte , a une espèce d'étranglement ou de petite collerette placée à son centre, en sorte que ses grands pétales brillans renversés en dehors n'agissent point sur ses étamines. Le narcisse blanc a pareillement un petit entonnoir ; mais la nature n'a pas besoin de créer de nouvelles parties pour donner de nouveaux caractères à ses ouvrages; elle les tire à la fois de l'être et du néant, et les rend positif ou négatife à son gré. Elle a donné des courbes à la plupart des fleurs, pour réunir la chaleur à leur centre; efle emploie, quand elle veut , les mêmes courbes pour l'en écarter : elle en met les foyers en dehors. C'est ainsi

que sont disposés les pétales du lis, qui sont autant de sections de parabole. Malgré la grandeur et la blauclieur de sa coupe, plus il s'épanouit, plus il écarte de lui les feux du soleil; et pendant qu'au milieu de l'été , en plein midi , toutes les fleurs brûlées de ses ardeurs s'indinentet penchent leurs têtes vers la terre, le lis , comme un roî , élève la sienne , et contemple fece à face l'astre qui briîte au liant des deux.

Je vais rapporter en peu de mots les rdalions positives ou négatives des fleurs par rapport au soleil , aux dnq formes élémentaires que j'ai posées, dans l'Etude précédente, comme le» principes de l'harmonie des corps. C'est bien moins un planque je prescris aux botanistes, qu'une invitation d'entrer dans une carrière aussi ridie en obaenriitions, et de corriger mes erreurs, en nous fSûsant par^ de leurs lumières.

Il y a donc des fleurs à réverbères perpendiculaires, coniques, sphériques, elliptiques, paraboliques ou plans. On peut rapporter à ces courbes celles de la plupart des fleurs. Il y a aussi des flenrs à parasol, maiscelles-d sont en plus grand nombre; car les efTets négatifs , dans toute harmonie, sont bien plusnombreuxque les effets positifs. Par exenop!e, il n'y a qu'un setil moyen de venir à la vie, et il y en a des milliers pour en sortir. Cependant nous opposerons à chaque relation positive des fleurs avec le soleil une rdation négative principale, afin qu'on puis}^ comparer leurs effets dans chaque latitude.

Les fleurs à réverbères perpendiculaires sont œUes qui naissent adossées à un cône, à des cliatons alongés, ou à un épi : telles sont celles de» cèdres , «les mélèzes , des sapins , des bouleaux, des genévriers, de la plupart des graminées du notxl , des végétaux des montagnes froides et élevées», comme les cyprès et les pins; ou de ceux qui fleurissent chez nous dès la fin (le l'hiver, oomme les coudriers et les saules. Une partie des fleurs, dans cette position, est abritée du vent du nord, et reçoit la réflexion du soleil du côté du midi. Il est remarquable que tous les végétaux qui portent des cônes, des chatons ou des épis, les présentent à l'extrémité de leurs tiges, exposés à toute l'action du soleil. Il n'en est pas de même de ceux qui croissent entre les tropiques, dont la plupart, comme les palmiers, portent leurs fleurs divergentes , attachées à des grappes pendantes, et ombragées parleurs rameaux. Les graminées des pays cliauds ont aussi presque toutes leurs épis divergens; tels sont les mils d'Afrique. L'épi solide du mais d'Amérique est couronné par un chevelu qui abrite ses fleurs du soleil. On a représenté dans la planche voisine un épi de froment de l'Europe, et

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