‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 147 sur 213 · L'AUTEUR · texte numérisé non relu

L'AUTEUR

» droit<où élaURfamme, et l'ayant vu il en fut touché » de compMRUil. Il s*approcha donc de lui , il versa de » l'huile et du vin dans ses plaies et les l)anda, et l'ayant » mu sur son cheval il l'amena dans l'hôtellerie, et eut u soin de lui. Le lendemain, il tim deux deniers qu'il )) donna A l'hôte, et lui dit: Ayez hieu sc,\n de cet homme, » et tout ce que vous dépenserez de plus, je vous le reii- M drai A mon retour. Lequel de ces trois vous semble-t-ii » avoir été le prochain de celui qui tomba entre les » mains des voleurs? Le docteur lui répondit : Celui qt.i » a exercé la miséricorde envers lui. Allez donc, lui dit » Jésus, et faites de même. »

Je me garderai bien d'ajouter ici rucuoe réflexion. J'observerai seulement que Taction du Samaritain est bien supérieure A celle de rtiernouteu : CJir quoique le second fasse un plus grand sacrifice , il y est en quelque sorte déterminé par la force : il fallait qu'il y eût mi cliainp fourragé. Mais le Samaritain obéit entièrement aux impulsions de l'humanité. Son action est libre, et ^a charité gratuite. Ce tmit, comme tous ceux de l'Evangile, renferme en peu de mots une foule d'iustructioiui lumineuses sur le second de nos devoirs. Il serait impcssiblede les remplacer |)ar d'autres, imaginés même A plaisir. Pesez toutes les circonstances de la charité inquiète du Samaritain. Il panse les plaies d'un malheureux ; il le met sur son propre cheval ; il exi)ose sa vie en s'arrélant , et allant A pied dans un lieu fréquenté |)ar les vi^ leurs. Il pourvoit ensuit.; dans l'hôiellerie aux besoins tant préseus que futurs de cet infortuné, et il continue sa route sans rien attendre de sa reconuuissance.

Plutarque remarque qu'Alexandre ne se livra au désordre qui souilla la fin de son auguste carrièi-e, que parce qu'il se crut abandonné des dieux, ^on-seulement ce sentiment cause nos maux quand il disitarait de nos plaisirs , mais quand, par l'efTet de nos passions ou de nos institutions qui pervertissent les lois naturelles, il >e porte sur nos maux mêmes. Ainsi , par exemple, quand après avoir donné des lois uiécaniques aux opérations de notre ame , nous venons A porter sur nos maux physiques et passagers le sentiment de l'infini, c'est alors que, par une juste réaction, notre misère devient insupportable. Je n'ai esquissé que faiblemenl l'action des deux principes de l'homme; mais à qui-lque sensation de douleur ou de plaisir qu'on veuille les appliquer, on sentira la différence de leur nature et leur réaction perpétuelle.

A propos d'Alexandre abandonné des dieux , je serais surpris que l'expression de cette situa:ion n'eût pas inspiré le génie de quelque artiste de la Grèce. Voici ce que je trouve A ce sujet dans Addison : « Il y a dans la 9 même galerie (A Florence) un l)eau buste d'Alexandre- 9 le-Grand, le visage tourné vers le ciel, avec un certain » air noble de chagrin et de plaisir. J'ai vu deux ou trois 9 anciens bustes d'Alexanditi du même air et la même 9 po: turc, et je suis porté A croire que le sculpteur avait M dans Pesprit, ou le conquérant pleurant pour de nou- » veaux mondes, ou quelque autre circonstance sem- » blable de son histoire *. » Je pense que la circonstance

* Addison , Fityoge d* Italie , t. IV de Misson. p. 293 cl 2C4.

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fie riiistoint (rAlerandrc à laquelle fl tat nppoiier a^s iHLstrs est celle où il fic plaint ani dirai tic l'avoir abandoniié. Je nit douie \aA qu'elle nVùt flié resrclleiit ju(;eni(nt d'AddLsoii , ^*il le fût i-a|){)clê l'obtien'ation de l'IiiUinjue.

Je cite l)eaucoup de libres de T0)'ages, parce que ce sont ceux que j'aime et que j'estime le plus de la litlém- Init; moderne. J'ai Iwaucoup voyagé, et je puis «i.v>unT <pie je les ni trouvés pres(|ue toujours d'acconi ftiir les pniductions et les mœurs de chitque pays, quand ils n'y portent pas l'esprit de leur nation ou de leur {tarli. ' 11 en Tant excepter un pi>tit nombre dont le ton n)inanciei> frappe d'abord.) Tout le monde les décrie, et tout le inonde les consulte, (/est ch(z eu\ que puisent .«ans cesse les géographes, les physiciens, les naturalistes, les navigateurs, les cnnuuerçans, les écrivait» polirupies, l(*s philosophes, les compilateurs en tout genre, ks historiens des nations étrang6res, et mmie ceu.\ de n(»lre pays, quand ils \eulent connaître la véiité.

11 y a bien d'aulne raisons qui m{)tiveraient la nécesicé d'un ministre de Tagriculture. Les canaux d'arrosage, absorbés par le luxe des seigneurs ou par le commerce des villes ; les mares et les voiries qui empoisonnent les villages, et entretiennent des foyers perpétiu*ls d'épidémies ; la sûreté des grands chemia^t ; la police de leiin auberges; les milices et les conçues des paysan.s; les injustices qu'ils éprouvent , sans qu'ils osent quelipiefois se plaindre, lui offriraient une multitude d'établi.ssemens utiles à faire ou d'abus à réformer. Je sais que la plupart de ces fonctions sont n>parlies dans divers dé- (lartemens; mais elk^ ne |)eu\cnt avoir d'harmonie et «rensemble que lorsqu'elles senmt nuinies sur tnie

même lé!e.

A Dieu ne plaise que je veuille exciter notre {peuple à haïr les Anglais , si dignes aujourd'hui de toute notre estimf 1 Mais comme leurs écrit aias et nu'me leur gou- ^ernemenl^es4mt |>ermis plus d'une fois de noasriMidre odieux sur les thédtres de leur nation, j'ai voulu leur montrer qu'il nous était bien aisé d'user de repré^aill('s. Puisse plutôt le génie de Fénelou , dont ils font t:uit de cas qu'un de leurs plus aiuiables beaux esprits, le lord Littleton, l'a mis au-dessus de Platon, réunir u:i jour nos cteui's et nos esprits!

Je voudrais aussi qu'on emlKirquill les feni:i:es des marins avec leurs maris; elles euipêcheraieul siu* les vaiss(»aux des désonires de plus d'un genre. D'ailleurs , elles y trouveraient beaucoup d'oceiiitalioits con\ennbles à leur sexe , telles que de prepanT î^ manger, de laver le linge, de raccommoder les voiles, eîc... Klles supputeraient ^ouvent aux travaux de Téquipage. Elles résistent mieux que les hommes au scorbut et i\ plusieurs maladies. Le pi-ojet d'embarquer des fenunes pa-

* Addi«<on . ï'in/figr d'/tnlh- . lome IV doMi.vwni , |»aKos 29" 1*1294.

NOTKS Di: I/ArTElTH.

raitra ans doute extraonUiiaire i œn qui pas (|u'il y n au OHûns dix mille fimunei qui naviguoil sur les vaisseaux caliotinirs d<'s Hollandais , qnl travaillent en bas à la ni:iua'u\re, et lienneiit le gouvernail aassi bien cpic des hommes. Une jolie femme ferait sans doute nalire d(>s dé.iordres dans un vaisseau frança'is; mais des (énuues de cette nature , ruinées cî lalM>rieuKs,. sont propres au contraire à y détruire ceux qui n'y sont que trop fréquens.

On |N>urrait affaiblir dans la plupart dos citoyeiM la soif de l'or et du luxe , en leur présentint un grand nombre de ces perspectives |)ulitique8. Elles font le c!ianu(* di*s petites C(»uditioiis,eii ce qu'elles leur offrent les attraits de rinHui , dout k^ sejitiment est naturel an «eur humain , comme nous l'avons vu. C'est par cUei que les artisans et les petits marchands sont attachés a%ec Iwaucoup plus de force, par de modiques proOls, à leurs petits étals remplis d'esix^rances , ({uc les riches et les grands ne k' sont h des conditions dont ils voient le terme. Il se passe dans la tête des petits ce qui se passait dans la têtiï de la laitière de la fable : Avec ce lait, j'aurai des œufs; avec ces œufs, des poussins; avec ces poussins , i\cs poulets ; avec des poidels , un agneau, etc.. Le plaisir qu'ils éprouvent dans ces progressions sans fin est le charme qui k» soutient daas leurs travaux ; et il est si réel que lorsqu'ils vk«uent à faire fortune et à vivre en bourgeois aisés, leur santé s'altère, et la plupart d'entre eux flnissent par mourir de mélancolie et d'ennui. Politiques modernes, rapprochez-vous donc de la nature! Ce n'est point des flûtes d'or et d'argent que m tirent k» plus douces hamuinkv, mais de c^llef qui se font avec des roseaux.

En général , les cultivateurs sont d'honnêtes gens. Les plantes portent avec elles leur théologie. J*ai cependant rencontré un jour un mol*iMnneur athée. Il est vrai qu*il n'avait pas pris ses opinions dans Ira campagnes, mais dans i]es livres. Il |)aralssait fort content de ses lumières. Je lui dis en le quittant : « Vous voilA bien avancé d'à- » voir employé les recherches de votn^ raison a tous » rendre misérable ! •

Dans les exi*mples hypothétiques que je rapporte cidessous, il n'y a guère de mou invention que le iMen que je n'ai pas fail.

''^ PAfiE 445.

Et conmie les emploient les Sauvages. Les voyageurs sont fort étoimés lor^qu'ils soient au Pérou les nionumens des anciens lucas. Tonnés de grdudes pierres irrégulières qni s(^ joignent parfaitement, f ^ur coiis^nic^icm pi-éstmte d'alKinl deux gnuidcs dirGcultés. Comment les Indiens ont-ils transporié ces grandes pierres, et comment sont-ils venus à Ixiut de tes faire accorder d'une manière si parfiiite, malgré knir irrégularité? Nos savaas ont d'abonl supposé des machines pour les transporter, comme s'il fallait des machines pins puianntes (pie les bras de tout un peuple qui travaille de concert. Ils ont dit ensuite que les Indiens leur donnaient

NOTES DE L'AUTEUR-

inécidièraià fMcedelofiiiairattenlioa.C'cil le iDoqiier do monde. ?ie leur étaîMI pas beraeoop plos aité de les tafller régulièrement qu'irrégiilièremeot ? J'ai été moHméme long-temps embarrassé à me résoadre ce prolilème. Enfin, ayant le dans les mémoires de I don UDoa, et anssi dans qneiqnes antres voyageurs, j i|n'on tronre en pinsienrs endroits do Pérou des lits de pierre à la sor&ee de la terre qui sont remplis de Tentes ci de crerasses, j'ai compris aussitôt industrie des anciens Péruriena. Ils ne faisaient antre dioae que d*enle- Tcr par pièces ces lits horixonlani des carrières, et de les plaeer perpendiculairement en se rapprochant les BKMMauA les uns des antres. Us araient ainsi un mur tnut ftitqni ne leur eoàlait rien à tailler. L'esprit naturel a des resBonrees trè»-«imples, et flbrt supérieures à celles de DOS arts. Par eiemple, les SauTages du Canada n'ataient point de marmites de fer avant Tarrif ée des EaropéOBs. Ils étaient Tenus à bout d*y suppléer, en cretBantarce le fni le tronc d*nn ariire. Mais comment s'y pfwnif nt ili pour y Wre boufllir des bœufii entien, oannw ib finsaient? Je fai donné à deriner à plos d'un homme soi-cfisant de génie, qui ne Ha su troufer. Pour moi, favooe que je ne pouvais pas imaginer qull fût possible de fiyre bouillir de l'eau dans des marmites de bois, qm contenaient souvent plusieurs mnidk 11 n*y avait cependant rien de si aisé pour les Sauvages; ils faisaient rougir des cailloux an feu, et is les jetaient dans Teau de la mumite jusqn*à ce qu'elle fiât hmallanlfi : Vwfez Champlain.)

Les arbres sont par leur durée les vrais monumens des natiflos, et ils en sont encore le calendrier par les difféffSH temps où ils poussent leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits. Les Saunages n'en ont point d'autre, et DOS poymns mêmes s'en servent fréquemment. Je lencouhai un jour, vers la fin de l'été, une jeune .paysanœ qui pleurait en cherchant son mouchoir qu'elle avait perdn sur le grand chemin. « Était-il beau, votre n mouchoir? fan demandai-ie. — Monsieur, me dît-elle, > H était tout neuf; je l'avais acheté aui fèves. > J'ai pensé pfaB d'une fais que si nos époques historiques si vantées étaient datées de celles de la nature, fl n'en fimdratt pas davantage pour les couvrir d'injoatioe et de riificule. Si on lisait, par exemple, dans nos histoires, qu'un prince fit massacrer une partie de ses sujets pour se rendre le ciel CnroraUe précisément dans la saison où son royaume était couvert de moissons; qu'on y datât nos batailles sanglantes et nos bombardemensde viDesdela floraison des violettes, des premiers laitages , de la tonte des brebis , il ne firadrait pas d'autre contraste pour en rendre la lecture abominable. D'un autre côté, ces dates ajouteraient des gréées immortefies aux actions des bons princes, et confondraient leurs bienfeils avec ceux du

Pour moi, je verrais le monument de cet liomaie4É, ne fût-ce qu'une tnile , avec pfais de re^iect qne left anperbes mausolées qu'on a âevés en pinrienrs endMIs de TEmiope H de l'Amérique à la gloire des craeb eonqaérans du Mexiqne et du Pérou. Plus d'un historien a Itft

Berhabdin.

lenrâoge,mahhfravidenoe divine en a frit justice. Os ont Ions péti de mort violente , et la plupart par la main du bourreau.

J'attribue à ce genre de châtiment , non-seulement la corruption physique et morale des enfans et de plusieurs ordres de moines , mais même de la nation. Vous ne sauriez f^ire un pas dans les rues que vous n'entendiez les bonnes et les mères cfire à leurs enfins : Je rons fomeUerai, Je n'ai point éié en Angleterre, mais j'étais persuadé que la férodlé qu'on attrilNie aux Anglais devait venir d'une pareille cause. J'ai ouï dire , en effet, que ce genre de punition était plus cruel et plus fréquent chez eux que chez nous. Voyez ce que disent à ce sujet les îDustres auteurs du Spectateurj ouvrage qui a, sans contredit, contribué i adoucir leurs mœurs et les nôtres. Ils reprochent à la noblesœ anglaise de permettre qu'on imprime ce caractère dlnfiunie â ses enfons. Voyez les lettres u et ui du tome l*'. Voici comment se temûue la Li* : c Je ne voudrais pas qu'on inférât de ce que je » viens de dire que nos sa vans, tant d'église qne de robe, » qû ont été fMwttés i l'école , ne sont pas des hommes » d'un qgadère noble et généreux; mais je suis bien sûr » qne lenr caractère serait plus généreux et pfa» noble, 1* s'ib n'avaient jamais souffert une pareille inbmie. »

Le gouvernement doit praacrire ce genre de chiliognt, non OTÉkment dans les écoles publiques, coiume a fût la Russie, mab dans les couvens, sur les vaisaeaux, chez les particnlicf*, dans les pensions; fl corrompt i la fois les pères, les mères, les précepteurs et les enfuis. J'en pourrais dter des réactionB terribles, si la pudeur me le permettmL ?i*est-il pas bien étonnant que des hommes, an demeurant, bien composa à Textérieur, posent pour base d'une éducation chrétienne la douceur, l'humamté, la chasteté, et puniswnt les timides et innocens cnfMia dn pins cruel et dn plus obscène delonslessuppiioes? Nos gens de lettres, <pn ont réformé tant d'abus depuis un siède, n'ont pas attaqué ceim-ci comme il le mérite; ils ne s'occufient pas aaseï des malheurs de la génération future. Ce serait une question de droit intéreaiante â traiter, savoir, si l'état peut laisser le droit dinfliger ^infunie i des hommes qui n'ont pas droit de vie et de mort. Il at certain que l'uifemie d'un citoyen a dea réaetiona plos dangereuses sur la société qne sa propre mort. Ce n'eit rien, dit-on, ce ne sont qne des cnfms ; mais c'at parce que ce sont des eofins qne toute ame généreuse doit les protéger, et parce que tout enfmt misérable devient un tMMnme méchant

An reale, fl s'en fkit bien que ce que j'ai dU sur les mauves en général aH été dam l'mtention de les rendre odienx. Je vcax les avertir seulement que ces châtimens, dontlisontempiuntérnsafB des Grecs corrompus dn Baa-Eaipire, influent benneoup plus quib ne pensent anr la haino qne lenr porte, ainsi qu'aux autres minis très de la religion , tant moines qu'ecclésiastiques, le peuple, pfaBédaivéqa'antrefDis. Dans le fond, lesmaitrm traitent leurs élèwm comme ils ont été traités euxmêmes. Ce sont des malheureux <pn ftirment d'autres

SI

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NOTES DE L AUTEUR

inallieureiix , souvent sans s'en douter. Tont ce que je pnMcnds établir ici , c'ist que riHHnnic a été aliandonm* à sa pmjrre prdvich'iice ; que tous les maux qu'il faite ses s(>iiil)lal)U>8 reiaillis.sent sur lui tôt ou tard. Cette nVaction est le seul conirepoiils qui puisse le ramener à l'humanité. Toutes les sci('iK*c*s sont encore dans l'enfance; mais vv\[e de rendre les hommes heurenx n'est pas eneor(> au jour, même h la Chine, dont la politique est si supérieure à la nôtrt*.

7'' VA(i¥. 464.

Il y a un (i[rand caraelêre dans les ouvra^res de la Divinité. Non-seulement ilsstml iwrfaits, mais ils vont toujours en rmissanl de perfection. Noils avons dit queUpie chose de cette loi en parlant des harmonies des plantes. Un jeune plant vaut mieux que la graine qui Ta produit; un arhn* en fleurs et en fniits. mieux qu'un jeune plant; enfin , un arbre n'est jamais phis beau que quand , devenu vieux , il est entouré d'une forêt de jeunes arbres sortis de ses semences. Il en est de même de l'homme. L'état d'un embryon vaut mieux que celui du néant, celui de l'enfance que l'état d'embryon. L'adolescena* est préférable à IVnfance, et la jeunesse, saison des amours, l'emporte sur l'miolescence. L'homme dans rdge viril , chef d'une famille, est préfiTable h un jeune homme. I^ vieillesse qui l'entoure «rune postérité nombreuse , qui , |>ar son ex()érience , l'admet aux conseils d(*s nations , (pii ne sus|)end en lui l'empin' des {Missions que pour doimer plus de pouvoir à celui de la raiscm ; la \ ieiilesse qui semble le mettre au rang des dieux , par les es|H;ranccs nmltipli(«s que lui ont données rexercjce dt> la vertu et k's lois de ta Providence , vaut mieux que tous les ilges de la vie. Je voudrais qu'il en fïit ainsi de l'Age de la France, et que le siècle de Louis XVI surl»assiU en l)onheur tous ceux qui Pont précétié.

7* pac;e 4(>î».

I/>s maîtres en fait d'armes dûment que leur arl développi* le cor|>s et apprend A marcher. Autant en disent du leur les maîtres A danser. 1^ preuve qu'ils se troni - |)ent, c'c^st qu'on les connaît d'alwinl les uns et les autres à raffectation de leur démarelM*. Un citoyen ne doit avoir ni l'altitude ni les mouvemens d'un gladiatiMir ou d'un syl)arite. Mais si l'art de Pcscrime est nécessaire , on devrait {lermetlre le duel publiquement , afin de tirer les h(nmêtes gens de la cnielle alternative de se déshononT (paiement en mamiuant aux lois de l'état et de la n'iigion, ou en les olwtTvant. En vérité, les médians bimi {Ninni nous bien A leur aise.

Je suis persuadé que si ce plan d'éducation , tout iiifonne qu'il est , était adopté , un des plus grands olMlacles h la refonte univers(>lle de notre savoir et de nos mœurs ne serait ni les régens, ni les institutions collégiales , ni les privilèges de l'université, ni les bonnets de docleur.Oseraicni les marchands de papierqui verraient toml-er |>ar-là une de leurs plus grandes branches de commerce. Il y aurait pour les privilèges d(>s maîtres d'heureuses et de glorieuses compensations ; mais une

olijcctioo d'argent, dans ce siècle Téiiil, me senibie sam

réiMnse.

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