PAC.E
Il est digne de n^marque que la plupart des noim des objets de la nature , de la morale et de la mélaphj-siqiie sont féminins, siirt<iut dans la langue françaiiie. Il terni assex curieux de rechercher si les oonis niaaculins oot été donnés par les femmes, et les noms fëaiiuins parlai honnnes , aux chosi^s qui servent plus particulièmneBl aux usages de chaque sexe ; ou si les preniien ont été faits du genre masculin , parce ((u'ils présentaient des caractères <le force et de puissance ; et les seconds da genre féminin , parce qu'ils offraient des caractères de grdcfs et d'agrémens. Je crois que les bomnMs ayant nommé en général les olijetsde la nature, leur ont pn»digué les noms féminins par œ penchant secret qui les attire vers le w\c : c'est ce qu'on peut remarquer aux noms que portent les constellatioan célestes , là qualrr parties du monde, la plupart des fleuves, des royaunws. des fniits , des arbres, des vertus, etc.
Au AumI. ce serait liien peu de chose, sans doute ; mais quelque solitaire que soit aujourd'hui nui Tie , elle a été nH>lé<' à de grandes révolutions. J'ai donné, i i'nrcasian de la Pologne, un ménM)irc fort détaillé au bureau &n Affain's étrangîTes, où je prédisais son partage par srs voisins plusinirs années avant qu'il ait été eflèrtué. Je me suis tnmipé setdement, en ce qoe j'avais compté qat les puissances c^partageantes la prendraient tont entière, et je m'étonne encore de ce qu'elles ne l'ont pas fait. Au reste, ce mémoire n*a été utile ni à ce pays, ni è moi-même , quoique j'y eusse ccMini de grands risques , en me jetant, au sortir du service de Russie, dai» k* parti des républicains polonais, que la Fk^nce et l'Aotriche protégeaient. J'y fus fait prisonnier en 47(»5, lon- (pie j'allais, avec l'agrément de Tamliassadeur de TEmpire et du ministre de France à Varsov ie , me jeter dans l'armée du prince Radzivil.O niallieur m'arriva à trois milles de Varsovie , |)ar l'indiscrétion de mon guide. Je fus ramené dans cette ville , mis en prison , et menaeé d'êtn> livré aux Russes, du service desquels je sortais, si je n'avouais que Tambassadeiir de Vienne et le ministre de France avaient concouru à me feire Mre cette démarche. Quoif|ue j'eusse tout à redouter de la pari d(>s Russes . et (pur j'eusse pu envelopper dans ma disgrâce deux personnes illustres par leurs emplois « et b rendre |)ar consc'quent plus éclatante, je persistai i b prendre entièrement sur nuni compte. Je disculpai aon de mon mieux mon guide , à qni j'avais donné h* tcoipf de bi-ùler les lettres dont il était porteur, en m'oppoonl, le pistolet ii la main, aux hullans qui vinrent nous surprendre la nuit dans la maison de poste où nous flmn notre premier campeuK'nt , au milieu des bols. Je u'ai eu aucune sorte de récompense pour ces deux genres de services, qni m'ont coûté beauomp de temps et d'argeoL Il n'y a pas nuMue long-tem|>s que j'étaLs encore nvleva- Me d'une partie des f^is de mon voyage à M. Ilenoio , mon ami, qui étjiit alors minisire de France è Varsovie,
NOTES DE Î.AUTEim.
qui Mt aujoard'hai premier commi* des Afbir«a étrto- i gèr«s A VwMillfs , el qui s'esl Jooné à ce sajet lileo des | pelDes inulile». Sans doule , si M. le comte de VergenoescûLétédattsce temps-l* minirire de«Afhircsétr«n- Irtres, j'nisse «é conïeuableineal récompensé, puisqu'il m'a araord* quelque* légères gratiQcaUons. Cependant je Riis encore redevable h celte occasion de plus de quatre mille livres i pliiueurs ami* en Busaie, en Pologne et en Allemagne.
Je n'ai pas élé plus heureux i l'ile de France , où j'ai été eDToyé capitaine-ingénieur de la colonie; car j'ai d'abord été persécuté par la ingénieur* ordjuaires qui ï étaient, parce que je n'étais pw de leur corps. On ■'aTdt bit pswer dam ce pays pour y faire forlaoe ; et ^ ^ Mfai* considénblemenl endcUé, b je n'y btbIi pMi«Mf^rbe(.]eDe parierai pas do tow les maui parlicuttM ^n j'y « éprouvés. Je dirai seulement qne je cherchai t m'a» dMraire en m'occnpanl de ceui qui amigeBicnl llle en bémM. C«»i dai» I» "wle vne d'y remédier que je puWial.inoo retour, en 1773, moa Vovage de i'Ilt de Frante. Je en* d'abord rendre un service essenliel i ma patrie , en Mwt voir que cette Ile que l'on remplissait de troupes n'éta* pnpre en aucune manière à être ren;repût ni la dladelt fcpotre connnerce des Inde» , dont elle ett éloignée de ^ine ceati lieues; ce que j'ai prouvé même par 1« événcoian dej guerres précédentes , où Pondicbéry ooni a «U toujours raleré , quoique l'Ile de France fût plejne de soldat*. La guerre demitrr a conBrmé de noot««u la Térité de mes obeerralion». Pour ce* lerTice*, ainri que pour pluseurs aulrea.je n'ai reçu d'autre* récompeDsca que de* persécutions iodiredes d des calomnies de la part des hahitans de celte Ile , i qui j'ai reproché leur liarbarie pour lenr» esclaves. Je n'ai pas même été dédommagé surBsaminent d'une e^>èce de naufrage qne j'éprouvai i mon retour i l'ile de Bourimn, ni de la modidté de mes appoiutemen*, qui D'allaient pas t la nwilié de ceui des ingénieur» ordinaires de mon grade. Je aura l>ieo sûr que sons un raini«Jre de la marine auad écUlré el ausri équitable que M. le marédtal de Cas- Iries , j'aurai» reraeilli quelques fniiW de mes veilles el
A Dira ne plaise que je veuille parier de» véritables rdigieui ! Quand ils n'auoiienl d'autre inériledana cette vieqnedelapaMersans&iredemal, ils seraient respectables aui yeui même* de l'iocrédolilé. Il ne *'agil poinl id des homme» vraiment pieni , qui ont quitté le monde pour embrasser sans (dirtada l'esprit de la religioD , mais de ceux qui se'revélent d'un habit coossen' par la rdigion pour se procurer des ric^feiaes et des , booneur» dan» le monde i de ceui contre lesqnd* «aini Jén'Mne a tant crié eu vain, et qui ont vérifié sa propbelie dans la Palestine el dan» l'F.):ypte , en déeréditant In
religion par leurs m
*, leur avarice et lemr ambition.
On a beau comparer Bostuet et Fénelcm , je ne suis pas cipable d'apprécier leur mérite ; mais le second me parait bien prefcrable * son rival. Il a rempli, ee me ,emble , le» deuï poiul* de la loi : Il a aime Dieu et r.ES noMBiES.
On ne sera pa» Hché de sBïirfr ce que pensait t son ■a]ti Jean-Jacqiir* Rousseau. \in jour, étant allé avec lui me pronieDer au mont Valérien , quand nous fûmes parvenus an sommet de la montagne, nom formâmes le projd de demander * diner à ses ermite* pour notre argent. îSoniarritimcscbe»eai un peu avant qu'ils se mittent I lable, et pendant qu'il) ébiienl i l'église. JeaiilacqHe*Rou«eaumeproposad'yentreTetd'ïf8ireiiotre prière. Le* ermite* rdcilaienl alurs les litanies de la Providence, qui *ont IrÈs-brlIe». Aprts que nous eûmc» prié Keu dans une petite chapelle , et que les ermites se furent acheminés à leur réfedoire , Jean-Jacques me dU avec aUendrissenient : < Mainleoanl j'éprouve ce qui ■ est dit dans l'Evangile : Quand p(usi«un d'wire roii* . seront TOuenMii en «on no» . j« «e Irourerai uh » Milien d'eux. Il y a id un sentiment de paii d de - bonheur qui pénètre l'ame. " Je loi répondis r i Si » Fénelon vivait , vous seriet catholique. » Il me répartit hors de lui d le* larme* ani jeui : « Oh ! si Fénelon avivwt.je chercherai» àélreton laquai», pour mériter 1 d'Un son valet de chambre. •
Aywt trouvé il y a quelque temps, sur le Pont-Keuf, mie de ce* petites ome» de trois ou quata^ sou* que vendent k* lUlieiM dans le* rues, l'idée me vint d'en ériger dans ma mUlude un monument * la mémiûre de Jean-Jacques d de Fénelon, A la manière de ceui que les Chinoi» élèvent k celle de Confucius. Comme il y a deux petits éeatsons lor cette urne, j'écrivis sur l'un c»« mots: J.J. Rousseau , d »ur l'autre : F. Fenewn. Je ta posai enauite h six pieds de hauteur, dans un angle de mon cabind , et je plaçai auprès d'die celte inœrip-
A la gUce dinsMe et pure De ceux dniit le génie édaira la vertu» , CmnliaUit a U bis rerrEur rt le* alm* . Et (enta d'ameuer leur ilècle a U niture. Aoi Jein-Jacques Boosseaui . aui Françiiia Fénelon! . Tai dédié ce monnmenl d'argile .
Qne l'ai consacré par lenr» noms , plui auEDste* que ceui de César el il'Aehllle. llsne sont point tinmii par nos malheuni 11* n'ont point, pauvres labouieDr* ,
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Mlav.
M nuDHHIrs :