‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 152 sur 213 · FLEURS · texte numérisé non relu

FLEURS

PLANCHKS 111, IV, V, VI ET Vlî.

Comme Texplication de ces planches est insérée dans le texte, je n'en dirai ici autre ctiose , sinon qu'on peut réduire toutes les formes des fleurs qui ont des relations directes avec le soleil à ces cinq premiers patrons de fleurs à réverbères perpendiculaires, coniques, spbériques , elliptiques , plans ou paraboliques ; et les fleurs qui ont di>s relations négatives avec le soleil, aux cinq autres patrons de fleurs en parasol qui sont représentées ici en contraste avec les premières. Cependant, quoique oelleMn soient de formes plus variées que les fleurs à réverl)ères, on peut rapporter toutes leurs e^pèces négatives à ces cinq formes positives.

Je pense que si on ajoutait à ces cinq formes posit'ves ou primordiales un certain nombre d'acoens pour en exprimer les modiflcations, on aurait les vrais caractères de la floraison et un alphabet de cette agréable partie de la végétation. Je présume aussi qu'au moyen de cet alphabet on pourrait caractérisersurlescarles géographiques les dinérens sites du règne végétal. 11 sufflrait d'en appliquer les signes aux forets qu'on y représente; car en y voyant, je suppose, celui du réverbère perpendiculaire , exprimé par un épi ou par un cône saillant , on y reconnaîtrait aussitôt les forêts du nord ou celles des montagnes froides et élevées. Des accens particuliers, joints à ce caractère du cône saillant, distingueraient entre eux les pins, les épicéa , les larix et les cèdres; et des rayons qui partiraient de ces caractères modiflés montreraient l'étendue des règnes de ces diverses espèces d'arbres. La chose n'est pas si difflcilequ'on se Timagine. La géographie représente bien des fbréts sur les cartes ; il ne s^agirait donc que d'y joindre quelques signes pour en déterminer les espèces, et ces signes caractériseraient encore, comme nous l'avons vu, la latitude ou l'élévation du terrain. D'ailleurs, on exclurait de ces cartes botaniques une multitude de divisions politiques, dont les noms en grands caractères occupent inutilement beaucoup d'espace. On n'y représenterait que les domaines de la nature , et non ceux des hommes. Ainsi , an moyen de ces signes botaniques , on reconnaîtrait d'un coup d'œil dans une carte les productions naturelles à chaque terrain , les forêts avec leurs différentes espèces d'arbres , et les prairies même avec les variéiés de leurs herbes. On |>ourrait encore y faire sentir Tbumidité ou la sécheresse du territoire , en joiguant aux

Bernardin.

^)gnes des fleurs les caradères des feuilles et des semences des végélaux. On ajouterait ensuite aux villes et aux villages qu'on y représente des chiffres qui exprimeraient le nombre des bmilles qui les habitent, ainsi que je l'ai vu dans des cartes turques ; et on aurait des cartes vraiment géographiques qui représenteraient d*un coup d'œil une image de la richesse et de la temfiérature du territoire et du nombre de ses habilans. Au reste, ce n'est pas un plan que je prescris , mais des idées que je propose à perfectionner.

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