GRAINES VOLATILES
PLANCHES Vlll ET IX.
On voit, planche vin , le sparte ou jonc des montagnes d'Espagne creusé en écope pour recevoir les eaux des pluies; et, planche ix , le jonc qlindriqueet plein des marais. La gr^iine de celui-ci ressemble dans son développeoieiit à des œuf^ d écrevisse. Je n'ai pu recouvrer de graine de sparte; mais je ne doute pas qu'à l'opposé de ceUe du jonc des marais, elle n'ait un caractère volatil. Je ne sais même si le sparte fructifie dans notre cKmat. MM. Thouin, jardiniers en chef du Jardin du Roi , auraient bien pu satisfaire à ce sujet ma curiosité. Ce sont eux qui m'ont prêté la plupart des graines et des feuillages que j'ai foit graver ici , entre autres le cône du cèdre du Liban : mais accoutumé dans mes éludes solitaires à chercher dans la nature seule la solution des difScultés que j'y rencontre, je ne me suis point adressé à eux , quoiqu'ils soient remplis d'honnêteté et de complaisance pour les ignorans comme pour les docteurs.
Qnoi qu'il en soit, c'est au fhiit que la nature attache le caractère de volatilité; et c'est par la feuille qu'elle indique la nature du site où le v^tal doit naître. Aius' on voit dans la planche viii le cône du cèdre composé de fblioles comme un artichaut. Chaque ftiliole porte son pignon : tel est celui qui est représenté id détaché du cône; et chacun d'eux , dans la maturité du fhiit, s'envole à l'aide des vents vers les sommets des hautes montagnes pour lesquels il est destiné. Remarques aussi que les feuilles du cèdre sont d'une fbrme filiforme, pour résister aux vents qui sont violens dans les hautes montagnes, et elles sont agrégées en pinceaux pour recueiflir dans l'air les vapeurs qui y nagent. Chaque feuille de cet arbre a de plus un aqueduc tracé dans sa longueur; mais, comme elle est fort menue, la gravure n'a pu l'exprimer. Au reste, cette forme filiforme et capiUaeée , si propre à résister aux vents , ainsi que celle qui est en lame d'épée , est commune aux végétaux de montagnes , comme pins, mélèzes , cèdres , palmiers : elle se retrouve aussi très-f^ueromeut sur les bords des eaux également exposés aux grands vents, comme dans les joncs, les roseaux, les feuilles de saule ; mais les feuillages de ceux-ci diffèrent essentiellement de ceux des premiers , en ce qu'ils n'ont point d'aquéduc et que ceux des montagnes en ont ; leur agrégation n'est pas non plus la même.
Le pissenlit croit comme le cèdre dans les lieux secs et élevés. Ses graines sont suspendues t une sphère en-