‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 164 sur 213 · Quand on hii dédia le pin · texte numérisé non relu

Quand on hii dédia le pin

On dédia parciUement le chêne à Jnpiier, l'olivier à Minerve , le pin à Pan , le laurier à Apollon , le myrte à Vénus, etc.

On consacra aussi des arbres aux demi-dieux et aux héros : le peuplier était l'arbre d'IIercule. Enfin des nymphes, des bergers et des bergères eurent part an reste de la végétation : la jalouse Clytie donna sa jaunisse et son attitude au tournesol , Adonia teignit de son sang la fleur qui porte son nom , etc. Les plantes, et surtout les arbres, furent les premiers nionumens des hommes. J'ai donc pu flûre servir, à l'Ile de France, deux cocotiers de monumens à la naissance de Paul et de Virginie, sans prendre cette idée dans un poète moderne célèbre, qui s'en est plaint sans sujet; il est aaei riche de ses propres idées pour qu*on poisse lui en emprunter; mais, si celle-là n'était pas dans la nature, je l'aurais trouvée, comme lui, dans les anciens, ses modèles. Elle est fort commune chez les botanistes, qui déterminent, avec des plantes nouvelles, des époques d'amitié et de reconnaissance, en leur faisant porter les noms de leurs patrons et de leurs amis. Elnfin, les asr tronomes ont étendn ce sentiment aux astres ; et les marins, aux terres, aux fleuves et aux lies quMls découvrent , aiuqnels ils donnent des noms de saints, de rois, de capitaines, d'événemens, de conquêtes et de massacres, dont ils veulent conserver le souvenir. Quand la plupart des objets de la terre et des deux servent de monumens aux passions des hommes, et souvent à leurs fureurs, n'ai-je pu avoir la pensée de consacrer, dans une forêt, deux arbres à Tinnocence et à l'amour maternel?

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