JUIN
Les vents sont fixes au sud-est, où ils sont pres^ que toujours. Les petits grains pluvieux recommencent.
Il n'y a point de maladie particulière au pays; mais on y meurt de toutes celles de l'Europe. J'ai vu mourir d'apoplexie, de petite-vérole, de maux de poitrine , d'obstructions au foie , ce qui vient de chagrin plutôt que de la qualité des eaux, comme on le prétend. J'y ai vu une pierre plus grosse qu'un œuf qu'on avait tirée à un noir du pays. J'y ai vu des paralytiques et des goutteux très-tourmentés , des epileptiques saisis de leurs accès. Les enfans et les noirs sont très-sujets aux vers. Les maladies vénériennes [iroduisent des crabes dans ceux-ci : ce sont des crevasses douloureuses qui viennent sous la plante des pieds. L'air y est bon comme en Europe; mais il n'a en lui aucune qualité médicinale : je ne conseille pas même aux goutteux d'y venir, car j'en ai vu rester plus de six mois de suite au lit.
Les tempéramens sont sensiblement altérés aux révolutions des saisons.. On y est sujet aux fièvres bilieuses, et la chaleur occasione aussi des descentes; mais avec de la tempérance et des bains on se porte bien. J'observe cependant qu'on jouit dans les pays froids d'une santé plus forte et d'un esprit plus vigoureux : il est même très-singulier que rhistoire ne parle d'aucun homme célèbre né entre les deux tropiques, excepté Mahomet.