LUNE
point d'air dans la lune où il y a des volcans : les scienoes devraient au moins se mettre d'accord , et pour cela elles de^Taient marcher ensemble.
Empruntons nous-mêmes de la pliysique terrestre les lumières qui doivent nous éclairer dans la pln-siffue céleste : les rapprochemens que j'en vais foire sont dignes de la plus grande attention.
Nous venons de démontrer que la lune avait une atmosphère pour rassembler sur elle les rayons du soleil ; nous allons voir qu'elle est disposée de la manière la plus propre à les réverbérer.
Tous les peintres et tous les opticiens savent que si un corps spliérique est édairé. il y brille im seul point lumineux qui va en se dégradant sur le reste du corps, et le fait paraître arrondi ; dans la reiH-ésentation qu'ils en font, ils expriment ce jet de lumière par une masse de Manc qui tombe sur le globe , et fuyant de demi-jour en quart de jour sur le reste de son hémis|)liere, lui donne de la rondeur. Cet effet a lieu sur tons les fruits ronds suspendus aux arbres. Nons y voyons un coup de Inmière qui frappe snr un point , et sur toot le reste, des demi-teintes ou plutôt des demi-lnean, qui Farrondissent à la vue. Ced est très-sensible sur le globe de Fœil , quoi(]u'il soit blanc en grande partie.
Il n'en est pas de même de la plupart des fleurs. Nous avons démontré, dans nos Etudes, que c'étaient autant de réverbères ou convergens ou divergens, qui renvoient la lumière du soleil sur leurs parties sexuelles; elles la réfléchissent par leurs pétales convexes et concaves, ce qui y produit plusieurs jets lumineux. Il résulte de là que les fleurs ont plus d'éclat que les fruits de la même couleur et du même diamètre. Amsi, par exemple , un tableau de roses parait seasiblement plus grand qu'un tableau de pêches de la même proportion, parce que chaciue rose a plusieurs foyers de lumière dans ses pétales, à la fois concaves et convexes ; et que chaque pêdie n'en a qu'mi seul jet , comme tous les corps ronds. Ces effets sont très-appareiLs , surtout dans la nature. Les roses éclairées par le soleil semblent avoir un éclat lumineux , et le rosier qui les porte apparaît d'un diamètre beaucoup plus grand que lorsqu'il n'est couvert que de feuilles. U n'en est pas ainsi à l)eauoonp près d'un pêdier de la même grandeur. Ced pesé, il est certain que si la lane était un corps sphérique tout uni , nous n'y verrions , lorsqu'elle est pleine, d'autre lumière brillante f|u'un fioint lumineux qui irait en dégra<lant sur le reste de son lH;mis(ilière , et nous la ferait fiaiailresaU-
ôi'hi
UARMOiMES SOLAIKKS
lanle el ruiule coiniue ces ^lubes dorés (}u\h[i voit au liauldc (|iiel(}ues clo<iiers , el coninie tous ceux i|ue représiiilenl les peintres. Au coutruire , nous voyous la lune plate et unie coniuie un miroir plan : il faut donc (pfelle nous renvoie la lumière de toutes les parties de son hémisphère. Gril n* y a ({u'uiie lumière dissémin<'e également dans toutes les ixirlies d*un jjrlobe, <(ui puisse le faire piirailre aplati : cVst en effet ce (pii arrive à un lM>ulel , ou à un simple cliarbon embrasé au milieu d'une fournaise ; on n'a[)ervoit <}ue le contour et la surface uniforme. (les effets sont évidens dans le soleil , (jui , dardant des rayons de tous cotés , ne nous présente , connue la lune, qu'une surface |ilate, sans saillie ni convexité. Il y a plus; c'est que ces deux astres , dont l'un fait jaillir ses rayoas de tout son globe , et l'autre les rélléehit de tout un hémisphère , nous apparaissent , ainsi que les fleurs, d'un diamètre plus ^rand <[u'ils ne le sont en effet : car nous les vovons sensiblement plus petits, du sommet d'une luuite montagne dans la moyenne région de l'air , où leurs rayons sont moins réfractés.
Je conclus donc de l'uniformité de la lumière de la lune, (|ui fait |)arailre son hémis|)hère aplati, que ses montagne.s y sont dis[K)sées en réverlK>res , |K)ur renvoyer également de tous les |M)ints de sa circonférence les ravons du soleil sur la terre. D'ailleurs est-il vraisemblable que Dieu , qui a doimé des réverlkTcs si variés a de simples ilcurs, pour réfléchir les rayons de Tastre du jour sur leurs {wirties sexuelles , en ait refusé à l'astre des nuits qui devait les refléter sur un monde !
Ost saiLs doute |iar cette raison que la huu* nous montre toujours la même face, et quVlh; ne tourne fias sur elle-même , car elle déran^^erait à chaque instant s^s foyers lumineux. Quelques astronomes prétendent (pi'elle a une rotation sur son ax(> , et ils croient en donner la preuve en supposant que cette rotation cadre exactement avec sa révolution autour de la terre; mais je croLs qu'ils se trompent dans Li cause, quoi(pi'ils aient raison dans l'effet. Cette harmonie, au reste, serait une preuve enc^)re plus admirable de la Providence, <|ui aurait fait aex*order d*une manière si juste la rotation de la lune avec sa n''Volutiou terrestre. Représentons-nous donc la lune fixée à l'extrémité du ravon de son orbite terrestre, et faisons-la tourner, ainsi fixée, autour de la terre : il est certain ([u'elle lui montrera toujours sa même face, sans avoir de rotation sur elle-même. Les astronomes dis^uit que daiLs ce mouvement elle découvre sept à luût degrés de rhéinisphre 0|)[M)sé, <t ils en concluent sa rota-
tion ; mais il est évident qu*en la sapposanl Ikëe |iar son centre a un rayon de la terre, et ei> la faisant circuler autour, on aperce^Ta dans ce mouvement de traaslation quelque |ietite partie de son hémigplièreop|M)sé, dès qu'on ne la verra plus en face.
^ous pouvons juger des différeiis effets de la lumière à la simple vue , en comparant la lumière réfléchie de la terre sur la lune , à celle de la lune sur la terre : celle-ci pai^t beaucoup plus vive, ({uoique la (Uanète (lui la renvoie ait seize fois moins d'étendue. Il est remarquable que les axes des réverbères de la lune ne sout pas tout-i-&it dirigés i^arallèlement au rayon de son oriiîte autour de la terre, mais que leurs foyers sont un peu divergens. S'ils n'étaient formés, par exemple, (pie de courbes paraboli(iucs parallèles au rayon de sou orbite, ils ne renverraient tous ensemble, même dans la pleine lune, qu'une gerbe de lumière égale au diamètre de la lune, et ils n'éclaireraieut sur la terre qu'un espace de sept cent ciiKiuante lieues de lai-ge; tandis (}iie lorsque la lune est nouvelle, et ({u'elle n'a qn'un croissant laniineux , eUe éclaire un hémisphère terrestre tout entier. Il s'ensuit de là que la lune est à une distance convenable pour produire sur la terre le plus grand effet lumineux i)Ossible, et (lUC, par cette distance , on pourrait calculer la courbure de ses r(iverl)ères. Je ne doute pas aussi que la terre n'ait les chaînes de ses liantes montagnes con- \ertes de glaces, et surtout les glaciers de ses pèles, disposés pour produire quelques-uns de sfs effets sur le disque de la lune. La nature sait faire des miroirs ardens avec des glaces , pour le moiiis aussi bien (pie nos |»liysiciens. Ijb navigateur Mmtens raconte que dans le voyage (|u'il fit sur les> cotes du Sphzbcrg |)our y pécher des baleines, la réverlxiration du soleil dans \c» glaces flottantes était si forte (qu'elle faisait fondre le goudrou de son vaisseau.
.le vais traiter fort superlicielieinent un sujet bien au-dessas de ma |X)rtée; mais je suis si peiné de l'ingratitude de (piel<|ues prétendus savaiis qui emploient les découvertes faites par des liomines de génie pour tâcher d'établir le matcrialisnie jus- (pie dans les cieux, que je veux leur faire ^-oir qu*il ne faut que du sens commun pour renverser tous leurs sophismes, et qu'un ignorant peut les confondre. Je vais donc essayer de domier une idée des reverl)i>res céle>tes, non d'après de fausses hypothèses, mais d'après les observations les |iliis certauies. Les cartes que j'ai vues de la lune ne sont pas jilus ressemblantes que celles du soleil. Les astronomes la n'|)résentent sillonnée irrégu-