SCÈNE VI
TÉRÉZIA, CHIMAY, SOMBREUIL.
DE CHIMAT.
Monsieur de Fontenay nous mande auprès de vous.
TÉRÉZIA.
Soyez les bienvenus, messieurs.
DE CHIMAT.
Permettez-nous, Avant de vous quitter, mais en son nom, marquise, De vous parler avec une entière franchise. De graves intérêts dans nos mains sont remis.
TÉRÉZIA.
Parlez. N'êtes-vous pas tous les deux mes amis ?
Chacun de son oAté lui baise la maia arec on respect passionné.
DE CHIUAT, eontinaint.
Vous avez contre lui demandé le divorce.
Les juges sont gagnés ; on l'obtiendrait de force...
Monsieur de Fontenay s'y soumet, évitant
Le scandale et l'ennui d'un débat irritant.
Devait-il espérer de vous plus de tendresse ?
Vous entrez dans la vie : il touche à la vieillesse.
Vos amours sont en fleur et les siens sont ternis.
L'âge, sinon la loi, vous aurait désunis.
D'ailleurs, il se souvient de cette circonstance
Où votre dévoùment lui sauva l'existence,
Et si, dans sa douleur, il maudit le lien
Qui met à vos genoux le féroce Tallien,
C'est le malheur des temps et non vous qu'il accuse.
La noblesse elle-même, à l'envi vous excuse :
Elle admire comment votre fidélité
Sacrifie à nos rois jeunesse, honneur, beauté !
Comment vous employez le pouvoir de vos charmes
A servir notre cause, à relever nos armes!
Ce Tallien nous répugne. A votre dévoùment
Nous brûlons d'apporter quelque soulagement.
Monsieur de Fontenay comprend bien qu'à votre âge
Le cœur impose vite un nouveau mariage ;
Il consent à vous voir, libre dès aujourd'hui,
Faire un choix qui soit digne et de vous et de lui ;
Et quand dans vos salons la fleur de la noblesse,
Par vos grâces séduite, autour de vous s'empresse,
Quand vous pouvez choisir, sans chercher loin de vous,
Et sans mésalliance, un amoureux époux,
Dût sa tendresse encor vous paraître importune,
Marquise, il vous fait don de toute sa fortune.
TÉRÉZIA.
Je suis sensible à tant de générosité ! L'époux que j'ai choisi n*a pas moins mérité. C'est Tallien.
SOMBREUIL
Quoi ! Ce monstre ! Ah! madame.
TÉRÉZIA.
Lui-même.