‹ uvres posthumesChapitre 27 sur 85 · LES MÊMES, LEBAS · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LEBAS

LEBAS

En ami, je te serre La main et je fembrasse à titre de beau-frt:.e.

SA.INT-JUST, à Robespierra.

Tu vas te marier?

LEBAS

Avec Éléonor.

SAINT-JUST

Par ces temps orageux ? C'est du courage encor !

ROBESPIERRE, «gais, éeriTtut.

J'ai demandé sa main.

SAINT-JDST.

Tu connais ma maxime :

Un tribun ne doit pas se marier, Maxime.

ROBESPIERRE

Je le sais, mon ami, mais j'aspire au repos.

LEBÂS.

Je voudrais bien te voir soutenir ce propos.

8AINT-JUST.

C'est aux coups du malheur offrir double surface La femme à son foyer, — n'est-ce pas là sa place ? — Est faite pour sourire et non pas pour trembler: Il faut la rendre heureuse ou ne pas s'en mêler

LEBAS

Pour ma part, j'ai pris femme et crois la rendre heureuse.

SAINT-JUST

Notre existence à nous est trop aventureuse ; Chaque jour sous nos pas le danger peut s'offrir.

LEBAS

Aimes-tu ?

SAiNt-JUST.

J'aime et seul je préfère en souiïrir.

Mais faire pariager à quelque faible femme Les luttes de la vie et les tourments de l'àme, L'entraîner innocente, attachée à vos pas, Par mille âpres sentiers qu'elle ne connaît pas. Vous appelez cela de l'amour ! C'est un crime ! On choisit une épouse et non une victime.

LEBAS

Etron se sèvrerait d'un semblable bonheur ?

SAINT- JUST

On ne peut pas avoir deux passions au cœur : L'amour de la patrie et celui d'une épouse. Il faut choisir. D'ailleurs, la patrie est jalouse,

LEBAS

Paradoxe nouveau.

8AINT-JDST.

Robespierre, au revoir.

(llf se serrent 1* mais. LEBAS, l'aceompagnaDt.

Nous en recauseroos,

8A1NT-JDST, sorUnl.

Quand tu voudras. Bonsoir.

(Fausse sortie de Leb.is.) LEBAS, retournant.

Tallien et Fouché sont là qui le demandent

Un moment d'entretien que tous les deux attendent.

ROBESPIERRE

Tallien ! Fouché ! Fléaux de Bordeaux, de Lyon!

(U fait an signe d'assentiment. Fouché paraît dans une altitude sertil*.}

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