LES MÊMES, LEBAS
LEBAS
En ami, je te serre La main et je fembrasse à titre de beau-frt:.e.
SA.INT-JUST, à Robespierra.
Tu vas te marier?
LEBAS
Avec Éléonor.
SAINT-JUST
Par ces temps orageux ? C'est du courage encor !
ROBESPIERRE, «gais, éeriTtut.
J'ai demandé sa main.
SAINT-JDST.
Tu connais ma maxime :
Un tribun ne doit pas se marier, Maxime.
ROBESPIERRE
Je le sais, mon ami, mais j'aspire au repos.
LEBÂS.
Je voudrais bien te voir soutenir ce propos.
8AINT-JUST.
C'est aux coups du malheur offrir double surface La femme à son foyer, — n'est-ce pas là sa place ? — Est faite pour sourire et non pas pour trembler: Il faut la rendre heureuse ou ne pas s'en mêler
LEBAS
Pour ma part, j'ai pris femme et crois la rendre heureuse.
SAINT-JUST
Notre existence à nous est trop aventureuse ; Chaque jour sous nos pas le danger peut s'offrir.
LEBAS
Aimes-tu ?
SAiNt-JUST.
J'aime et seul je préfère en souiïrir.
Mais faire pariager à quelque faible femme Les luttes de la vie et les tourments de l'àme, L'entraîner innocente, attachée à vos pas, Par mille âpres sentiers qu'elle ne connaît pas. Vous appelez cela de l'amour ! C'est un crime ! On choisit une épouse et non une victime.
LEBAS
Etron se sèvrerait d'un semblable bonheur ?
SAINT- JUST
On ne peut pas avoir deux passions au cœur : L'amour de la patrie et celui d'une épouse. Il faut choisir. D'ailleurs, la patrie est jalouse,
LEBAS
Paradoxe nouveau.
8AINT-JDST.
Robespierre, au revoir.
(llf se serrent 1* mais. LEBAS, l'aceompagnaDt.
Nous en recauseroos,
8A1NT-JDST, sorUnl.
Quand tu voudras. Bonsoir.
(Fausse sortie de Leb.is.) LEBAS, retournant.
Tallien et Fouché sont là qui le demandent
Un moment d'entretien que tous les deux attendent.
ROBESPIERRE
Tallien ! Fouché ! Fléaux de Bordeaux, de Lyon!
(U fait an signe d'assentiment. Fouché paraît dans une altitude sertil*.}