‹ uvres posthumesChapitre 3 sur 85 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Quoi! tu m'avais promis et tu n'es pas venue? J'ai tant souffert d'attendre et de ne pas te voir! Les iieures s'écoulaient, l'ombre emplissait la nue, Et le jour dans sa marche emportait mon espoir.

Rentré dans ma cellule, une angoisse inconnue Prête trop d'amertume à mon repas du soir ; Les verrous sont plus lourds, la muraille plus nue, La grille plus étroite et l'horizon plus noir.

Ah ! ne sais-tu donc pas et faut-il te le dire

Ce que peut ton regard, ce que vaut ton sourire ?

Ma prison s'illumine et resplendit d'amour.

Tu paries : mon cœur s'ouvre et ma tristesse expire. C'est par toi que je vis, pour toi que je respire : Tu t'en vas, c'est la nuit! Tu reviens, c'est le jour!

Prison Saint-Pierre, 19 jaillet 1871,

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