‹ uvres posthumesChapitre 4 sur 85 · A THÉODORE DE BANVILLE · texte numérisé non relu

A THÉODORE DE BANVILLE

De ta bizarre fantaisie

J'admire mal la poésie;

J'aime un vers limpide et profond.

Et non un clown, un intermède

Qui danse sur la corde raide

Ou lance ses pieds au plafond.

Quand tu fis de la pauvre Alsace Parler l'impatiente audace, Les regrets, l'espoir, les douleurs, Sans paillette, ni métaphore, Ton vers ainsi que d'une amphore Sortit aussi pur que tes pleurs.

Reviens à l'art qui l'énamoure :

Témérité n'est point bravoure ; Notre langue aime ta beauté ; Elle permet que ton caprice L'orne, l'éclairé, l'assouplisse Mais respecte sa dignité !

19 octobre 1871.

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