LES MÊMES, MÉDA
MSOA.
Le citoyen Talliea*
TALLIEN
C'est moi.
MEDA.
Puis-je parler sans crainte ?
TALLIEN
Ne crains rien,
MÉDA
A la prison, quelqu'un que vous devez connaître Pour vous, discrètement, m'a remis cette lettre. Et je me chargerai de rapporter aussi La réponse attendue.
(U remet TenTeloppe è Tallien.)
TALLIEN
Ail I mon ami, merci !
Un billet ! un poignard ! Ah ! Barras ! je frissonne.
BARRAS, entraînant Méda.
Demain, reviens chez moi, sans rien dire à personne.
TALLIEN, lisant.
« Je rougis de t'aimer et de l'avoir connu. « Mais j'ai honte surtout d'avoir appartenu « Au lâche qui ne sait, mentant à sa promesse, « Ni servir son pays, ni sauver sa maîtresse. « Je donne mon amour à qui me sauvera ; « Je lègue ce poignard à qui me vengera. « Si Tallien le reçoit, qu'il s'en serve, s'il m'aime, « Pour frapper le tyran ou s'immoler lui-même. » Lâche ! j'hésite encor ! quand tout dit de frapper. Ah ! je tiens ma vengeance !
BARRAS
Eh bien, viens-tu souper ?
(Us sortent par la porte latérale à gauche. Paraissent CoUot-d'Herbois et quelques invités. Entre précipitamment Barrera essouflé. Il se jette dans un fauteulL)