‹ uvres posthumesChapitre 47 sur 85 · FOUCHÊ, TALLIEN, DURAND-MAILLANE · texte numérisé non relu

FOUCHÊ, TALLIEN, DURAND-MAILLANE

DDRAND-MAILLANB.

Souvent il faut marcher par une voie étroite; Mais, que vous m'invitiez, moi membre de la Droite A m'allier à vous pour demander la mort Du meurtrier des rois, cela me surprend fort. En votant avec vous, mettons cartes sur table, Sommes-nous sûrs de faire un acte raisonnable ? Nos bons conseils, auxquels on feindrait d'obéir, Ne serviraient-ils pas plus tard à nous trahir?

D'ailleurs, cet échafaud que vous voulez détruire, Malgré nos bons conseils vous l'avez su construire; Vous avez de vo? mains lancé cette Terreur Qui maintenant vous cause une tardive horreur. C'est surtout contre nous que vous l'avez lancée ! Si la Droite aujourd'hui n'en est plus menacée Kt que notre fureur se tourne contre vous, Dans quel but et pourquoi nous en mélerons-nous ? Ah ! croyez-moi, gardez pour vous seuls le mérite De nous guérir d'un mal dont le pays s'irrite, Tentez l'œuvre ! Soyez aussi forts qu'autrefois : Nous vous applaudirons du geste et de la voix.

FOUCHÉ, à Talli«n.

Laisse-le se moquer I

T ALLIER

Ce n'est point par faiblesse Qu'en ce jour la Montagne à la Droite s'adresse ; Mais, nous nous préparons à des événements Qui d'un coup, mettraient fin à nos déchirements. La Terreur cesserait ! Qui donc la perpétue ? Un seul homme, et le peuple à l'aimer s'habitue I Un seul homme, appuyé sur une faction, Nous tyrannise au sein de la Convention ! Sa popularité grandit, sa force tombe ; Il fait autour de lui le vide de la tombe Et monté sur l'argile, à chaque pas il sent Trembler et s'émietter son piédestal glissant. Un soufle réduirait ce colosse en poussière. Sans Couthon, sans Saint-Just, que serait Robespierre? Nous voulons le frapper, et ne frapper qu'en lui

La Terreur que lui seul représente aujourd'hui. Certains de triompher sans péril et sans lutte, Nous redoutons le bruit que produira sa chute. Et nous sommes venus, songeant au lendemain, Dès la veille, vous tendre une loyale main.

DURAND-MAILLANB.

Que nous font Robespierre, et vous et la Montagne ? L'espoir que vous choyez ou la peur qui vous gagne, Tous ces graves soucis nous sont indifférents ; A vous, ainsi qu'à lui nous fermerons nos rangs; Des vainqueurs, du vaincu le passé nous sépare; Pour nos principes seuls l'avenir se prépare. Je ne veux pas savoir qui de vous ou de lui Représente et soutient la Terreur aujourd'hui : De ces dissensions l'heure n'est point venue; Mais chacun tour à tour vous l'avez soutenue. S'il nous fallait choisir dans ces malentendus. Nous sauverions celui qui nous a défendus, Celui qui, combattant corps à corps l'athéisme, Fit œuvre de sagesse et de patriotisme, Celui qui puise enfin sa popularité Dans sa seule éloquence et son autorité; Mais ce ne sont pas là nos affaires.

FOUCHÉ, intwrraanU

Sans doute !

(A TaUitn.)

Attention ! Je vais entamer la redoute.

(A Dorand-Haillane.)

Permettez que je glisse un mot dans ce débat. N'ayant d'autre intérêt que celui de l'État, Vous êtes un parti sérieux par le nombre.

LE NEUF THERMIDOR. Ibl

Mais on vous a contraints de demeurer dans l'ombre.

Robespierre, sans vous toujours gouvernera.

S'il tombe ! dites-moi qui le remplacera?

Vous seuls. Le lendemain, les Girondins reviennent,

La Droite et la Gironde à l'envi se soutiennent

Et forment promptement une majorité

Qui commande en maîtresse et prend l'iiutorité ;

La Montagne s'effraye ; elle se sacrifie;

Le pouvoir qu'elle avait, elle vous le confie

Et vous pouvez dès lors à loisir préparer

Le régime nouveau qui doit tout réparer.

Si Robespierre vit, vous attendrez sous l'orme.

Je ne suis pas de ceux qui tiennent à la forme :

Pourvu qu'on garantisse à tous la liberté,

La famille, le culte et la propriété

Et qu'on dompte à jamais l'hydre de l'anarchie...

Soyez républicains, sous une monarchie I

On nous croit violents, exclusifs ! Quelle erreur !

Si la Terreur vous plaît, conservez la Terreur;

De ce souple instrument tirez votre revanche:

Après la terreur rouge on a la terreur blanche,

Et l'on gouverne au nom du peuple souverain.

DURAND-MAILLANB.

Mais, nous sommes d'accord 1

FOUCHB,

Parbleu !

DURAND-lfAILLANB.

Sur ce terrain, ^ue oe le disiez-vous plutôt?

162 ŒUVRES POSTHUMES DE GASTON CREMIEUX. FOUCHÉ, i Tollien.

Il capitule.

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