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LES MÊMES, SAINT-JUST, BARRÈRB

SAINT-JUST, tout en lisant.

Chers collègues ! Eh bien, aux Jacobins, hier Qu'a-t-on fait de nouveau ?

COLLOT-d'hERBOIS, afee M»U

Tu m'oses défier!

Hypocrite, bambin, lâche, boîte à sentences I

SAIXT-JOST.

De quoi te fâches-tu ?

COLLOT-D'lIEnBOIS.

De tes impertineaces.

BILLAUD-VARENNES

Le pays s'est lassé de ce triumvirat;

Il sait où nous conduit votre plan scélérat;

Le voile se décliire, on voit clair dans vos trames

Et dans la profondeur sinistre de vos âmes;

Mais la liberté doit survivre, et vous, périr.

SAINT-JUST, calme.

Je corrige un rapport, vous pouvez discourir.

BARRÈRE, tout à coup furieux.

Vous voulez du pays partager les dépouilles. - Enfants, qui tiendriez à peine des quenouilles! Je ne vous donnerais pas même à gouverner Une basse-cour. Qui, nous? nous laisser mener Par un enfant, par un éclopé, par un lâche !

SAINT-JUST

Je travaille. Ta peux m'insulter sais relâche.

BILLAUD-VAKENNES.

Il est de marbre !

Ainsi, vous vous êtes mis trois Contre un enfant, qui sait répondre toutefois? Continuez ! j'attends ma besogi;e finie.

collot-d'hergois.

Encor quelque discours tissu de calomnie, Dirigé contre nous !

SAINT-JCST.

Oui, contre toi, CoUot.

collot-d'herbois.

Que caches-lu sur toi ?

SAIKT-JDST.

Je t'arrête à ce mot ; Je ne sais pas mentir, tiens, lis, regarde, fouille!

(Il tort de ses poches plusieurs papiers et les dépose snr une table.)

Cher Barrère, je t'offre à mon tour ma dépouille.

coixot-d'uerbois.

Et quel est ton dessein ?

SAINT-JDST, le désignaot loi et BOUad-Yareanes.

Que vous soyez exclus Vous deux des comités.

* BILLAUD-VARENNES

Nous ! exclus.

SAINT- JC8T.

Rien de plus.

BILLAUD-TARENNES.

Tu crois qu'à cet affront nous allons nous résoudre?

SAINT-JOST

Quelle est cette façon d'improviser la foudre ? Sommes- nous un volcan, ou bien un comité?

Jusqu'où pousserez-vous l'opiniâtreté ?

S'il existe un complot, parlez avec franchise, Sinon, unissons-nous pour conjurer la crise. Mille bruits alarmants courent de toutes parts : On livre des canons à l'Ecole de Mars, A ces trois mille enfants que d'un mot on soulève; Et ces mêmes canons ini ordre les enlève. Brusquement, dans la nuit, à nos fiers canonniers, Patriotes ardents toujours calomniés !

On en a fait partir de Paris quatre mille: Est-ce pour dégarnir et surprendre la ville Que dans vingt sections les postes sont fermés, Le service interdit, les hommes désarmés? Dans d'autres, on s'agite, on s'arme, on se prépare ; En deux camps ennemis la cité se sépare ; Par les blasphémateurs le sage est insulté; On a l'air de rougir de la Divinité ; D'autres, pour avilir jusqu'à l'Etre suprême, Voudraient punir de mort le plus léger blasphème, Et les journaux anglais annoncent hautement Dans la Convention un grand déchirement. Amis, ayons pitié de notre République ! Qu'un peu plus de sagesse à la fonder s'applique ; Au nom de la Patrie, unissons nos efforts, Et, pour les effacer confessons tous nos torts. collot-d'iierdois.

Mais pourquoi contre nous tant parler, tant écrire ? Ce rapport qui m'atteint ?

Demain au Comité.

Je devais vous le lire

collot-d'hkrbois.

Donne-m'en la primeur,

(Saint'Jatt remet le rapport à ColloU)

1) manque dix feuillets.

8AINT-J0ST.

Ils sont chez l'imprimeur.

BARRÈRE

C'est un fourbe !

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