SCÈNE I
JOSÉPHINE DE BEAUHARNAIS et TÉRÉZIA CABARRUS
s'avancent lentement sur la scène, JOSEPHINE soutenue par Térézia . Elles s'assoient sur an bano à gauche. Téréna tient aa joumal à la
TEREZIA, lisant.
Rien encor ! L'horizon ne s'est pas éclairci;
JOSÉPHINE
Pour vivre, ou pour mourir sortirons-nous d'ici ?
Se tenir jour et nuit haletante aux écoutes
De ces sinistres bruits qui courent sous les voûtes j
Quand l'appel réunit nos rangs infortunés !
Frémir en entendant les noms des condamnés !
Marcher dans l'épouvante et redouter d'entendre
Son nom et sans espoir, le deuil dans 1 ame, attendre
Et ne savoir jamais lorsqu'une heure s'endort,
Si l'on s'éveillera dans la vie ou la mort !
Quelle angoisse ! Et voilà deux longs mois qu'elle dure !
Veux-tu qu'à l'échafaud on nous jette en pâture?
Que cette horrible mort ravisse à deux enfants
Et leur père et leur mère ? 0 mon Dieu, tu défends
Ces crimes ; et pourquoi les laisses-tu commettre î
Moi déjà condamnée et lui déjà peut-être. *.
Je tremble.
TÉRÉZIÂ, lisant arec effroi.
Beaubaroais ! Il est exécuté.
(Elle cache le ioarnal.)
Qu'elle n'apprenne pas l'horrible vérité.
JOSÉPHINE
Térézia, j'ai peur ! Oui, j'ai peur d'être veuve.
TÉRÉZIA. ^
Dieu vous épargnera cette cruelle épreuve.
JOSÉPHINE
Hélas ! mes chers enfants deviendraient orphelins.
(On ourre la porte de la grille. Parait Éléonore, Toilée, accompagnée da directenr. Elle s'assied sur on banc, à droite, à l'écart.)