‹ uvres posthumesChapitre 65 sur 85 · ÉLÉONORE, ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

ÉLÉONORE, ROBESPIERRE

ÉLÉONORB.

Mon veuvage commence !

0 mon Éléonore!

Pour vivre veux-tu donc que je me déshonore?

EXEONORE.

Hier, notre entretien fut plus tendre et plus doux; Nous regardions le ciel : vous en souvenez-vous? Nous marchions lentement, vous pensif, moi rêveuse; Ma mère nous suivait, ma mère était heureuse ; Le coucher du soleil empourprait le lointain ; Je disais : Ce sera du beau temps pour demain. Demain, s'il est vainqueur, notre hymen se célèbre. Celte pourpre du soir ne m'était pas funèbre. Et je n'y voyais pas le sang qui va couler... 0 mon bonheur, peux-tu si vite t'envoler?

ROBESPIERRE

Tu déchires mon cœur, tu m'ôtes mon courage.

ÉLÉONORE

Laissez-moi devant vous pleurer sur mon veuvage.

ROBESPIERRE

Tu ne me verras plus. Je vais mourir.

ÉLÉONORE

Grand Dieu I

Séparons-nous!

ÉLÉONORE

Hélas!

ROBESPIERRE

Éléonore, adieu!

208 ŒUVRES POSTHUMES DE GASTON CREMltUX. ÉLÉONORB.

Adieu, Maxime, adieu, mon fiancé.

ROBESPIERRE

Ma femme !

Dans ce dernier baiser je mets toute mon âme; La mort prend notre amour dans la virginité; Souviens-toi, souviens-toi; c'est pour l'éternité.

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