SCENE VII
ROBESPIERRE, ÉLÉONORB.
ÉLÉONORE, M jetant duu <«• bru.
ROBESPIERRS.
Mais vous-même !
BLÉONOIUt.
Hélas !
BOBBSPIERRE.
Éléonor !
KLÉONORE.
Ah ! Maxime, de grâce ! Il en est temps encor. Abandonnez Paris. Fuyez ! Fuyons ensemble. Qu'importe mon honneur quand pour vos jours je tremble?
ROBBSPIERRK.
Mais, dans cette prison l'honneur seul me retient ! Enfant, je veux sauver et le mien et le tien ; Contre toi, contre tous faudra-t-il le défendre T
BLKOMORX.
A vos raisonnements je ne peux rien comprendre. Sinon que je vous aime et que vous avez tort
Aujourd'hui de courir au-devant de la mort. Fuyons.
ROBESPIERRE
Existe- t-ii un seul coin de la lorro Qui consente à donner asile à Robespierre ?
ÉLÉONORE
Oui, la Suisse, dit-on, pays de liberté, Offre à tous les vaincus son hospitalité. Nous y vivrons heureux tant que dure l'ornée. Et de vos ennemis vous Iromperez la rage ; On vous regrettera quand vous serez parti, Et sauvé, vous aurez sauvé votre parti.
ROBESPIERRE
J'attends de la justice un verdict légitime Et si je le fuyais, je commettrais un ciime.
ÉLÉONORE
Quand on est comme vous incorruptible on a, Au lieu d'un arrêt juste, un lâche assassinat; Moi qui n'avais jamais quitté notre demeure. Attendant, soupirant ici depuis une heure, Moi qui ne savais rien de ce monde inconnu, J'ai vu se révéler à mon cœur ingénu Les abîmes de haine oh votre pied se pose. Marat qu'on accusait eut son apothéose.
Vous n'aurez que la mort, on veut vous entraîner Dans quelque guet-apens pour vous assassiner; Vous prenez la prison et la loi pour refuge, El déjà l'assassin a remplacé le juge!
Si VOUS pouviez au moins défendre votre honneur ! Moi je n'oserais plus défendre mon bonheur; A votre volonté soumise autant que fière, Triste, mais le front haut, digne de Robespierre, Au sein de ma famille et dans votre maison Je rentrerais sans vous, loin de celte prison; Mais la mort nous attend, la haine est implacable; Ici de tous les maux on nous rend responsable ; Sans lutte, sans débat, sans danger, sans remord. On trouve glorieux de nous donner la mort. Fuyons.
ROBBSPIGRRR.
Au déshonneur pourrais-je donc survivre ?
ÉLÉONORE
Faut-il que l'honnête homme aux assassins se livre
Et qu'il offre à leurs coups un stérile trépas?
Vous ne m'écoutez donc, vous ne m'aimez donc pas?
Jet'aime,Éléonor; c'est parce que je t'aime Que je soutiens sans plainte une lutte suprême. Je résiste à tes pleurs, tu me fais bien souffrir; Mon cœur sans se briser est trop fort pour s'ouvrir. En moi je porte un monde. Ah! laisse-moi me tairel Puis-je l'initier à ma pensée austère!
Tu parles de la vie et je cherche la mort. Vainqueur, je reste faible, et vaincu, je suis fort, De ces sombres soucis garde ton à me pure; Doute de mon secret et des maux que j'endure
Mais ne doute jamais de mon cœur ou de moi; Ma dernière pensée en ce monde est pour toi.