POESIES
sous LES TOITS
Un jour, dans un village en fêle, Parut, un bâton à la main, Un jeune harpiste, un poèie.
Qui se traînait, mourant de faim.
La foule, à ses chants accourue, Le contemple et le plaint tout bas.
Lorsque soudain, jonchant la rue, Des roses tombent sous ses pas.
Quand de cette pluie embaumée Il eut aspiré les senteurs.
Il tira de sa harpe aimée; Des chants aussi frais que les fleurs ; Si frais, qu'aux fenêtres voisines, Convives, nouveaux mariés, Vieux parents et filles mutines Jetaient des roses à ses pieds !
D'une voix douce et résignée.
Sans se plaindre de son tourment.
Il célébrait un hyménée Dont ces fleurs étaient l'ornement,
El dans son martyre d'artiste, D'un autre il chantait les amours...
La foule écoutait le harpiste ; El les roses tombaient toujours.
Pendant que la foule ravie Jetait des fleurs au lieu de pain, Épuisant sa voix et sa vie, Le harpiste mourut de faim.
Vil salaire! suave tombe!
Les fleurs lui servirent de lit.
Ainsi, le poète qui tombe, Sous les roses s'ensevelit.