‹ uvres posthumesChapitre 76 sur 85 · MON AMOUR · texte numérisé non relu

MON AMOUR

Des que je parais à ta vue Si tu te sentais tressaillir, Et qu'une l;ingueur imprévue Près de moi te fît défaillir ;

Si tes yeux, mourants ^'e tendresse, Pour moi seul, pouvaient s'animer; Que chaque nouvelle caresse, Chaque baiser te fît pâmer ;

Sans moi, si tu ne pouvais vivre ; Si pour toi, ma vie était tout ; Et que ta pensée à me suivre S'acharnât toujours et partout ;

Si tu vivais de mon haleine, De mes regards, de mes soupirs, Et qu'au seul contact de la mienne Ta main devinât mes désirs ;

Qu'autour de toi, dans mon absence.

Tout parût sinistre et troublé

AVANT LES MAUVAIS JOURS. Cil

Et qu'il suffît de ma présence Pour que ton cœur fût consolé ;

Eh bien ! si le ciel favorable Accomplissait ces vœux ardents.

Si cpt amour inconcevable Remplissait ton âme et les sens ;

Je le jure à ce Dieu lui-même Qui voit mes désirs superflus, Tu m'aimerais comme je t'aime....

Et moi.... je t'aimerais bien plus!

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