TRISTIA
Adieu, Témoi pur et candide Vers Tidéal sûr et splendide, Pour quel souci bas et sordide ?
Adieu les belles oraisons, La rosée autour des toisons, La prière aux ardents buissons !
Des querelles sans fin ni trêve, Toujours quelque violent rêve, Une vie à se dire : Crève I
Par degré cet enfer pourtant S'alanguissait, non pénitent Hélas I en limbes fades tant I
Rien désormais qui ne soit vague.
Ne déraisonne et ne divague...
Evêque ayant perdu sa bague.
Magicien sans talismans,
Pôle privé de ses aimants.
Tel, moi, monde aux morts éléments I
le remède, le remède !
Pauvre âme folle, souviens-toi :
Jésus terrible et doux, à Taide,
Seigneur, pour encore la Foi î
MÉLIORA
calme retrouvé dans la foi d^un enfant, L'enfant par soi refait dix ans auparavant,
Dix ans de vice ancien et de vieille sottise Revenus à la piste en une tête grise,
Dix ans, Seigneur en Croix I d'un âge mûrissant Menant son train honteux d'impur adolescent,
Parjure au vrai Bonheur, réfractaire à la Grâce I Mais voici qu'on voudrait rebrousser sur sa trace :
O la foi de Tenfant par soi refait jadis !
Perdue? ô non, mon Dieu, dans ces dix ans maudits.
Offensée, et c'est trop, c'est affreux, mais perdue, non, mon Dieu d'amour, et toute l'amour due.
Tout le respect, malgré l'offense de la chair. Point de l'âme, aveuglée à ces lueurs d'enfer.
240 MÉLIORA
Le regret rédempteur, le remords qui délivre, Ah I du bon est resté dans ce cœur naguère ivre,
Dans cet esprit qui fut détourné, rien de plus. Ah I du bon a veillé dans ce sommeil perclus.
Tout le feu n'est pas mort dans cet amas de cendre, Le vertige est passé d'infiniment descendre.
On voudrait rebrousser sur la trace d'antan, C'est fini, non d'ouïr, mais d'écouter Satan...
O la foi, la naïve et bonne certitude,
progrès incessants dans la seule aime étude I
la perfection jamais atteinte, mais
Et cet effort, précisément, Taise et la paix,
Le vrai plaisir en attendant le Bonheur même. L'or monnayé, pourchas du Diamant suprême.
Le petit sacrifice en quête du grand But, le Vin éternel dont autrefois l'on but
Une goutte, et qu'il faudrait boire à pleine amphore I Ah ! cettegoutte au moins, pour, donc, la boire encore '