CHAPITRE V
L'Histoire.
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Si, ppur écrire l'histoire, il suffisait de rassem* bler des faits ^ et de les classer selon leur date, la littérature française pourrait se glorifier 4'un plus grand nombre d'historiens que toute autre littérature; mais il n'en est pas tout-à-fait ainsi. Pour être dignement traité , ce genre ^ aussi important que difficile, exige à-la-fois de grands talens, l'amour de la vérité, la liberté nécessaire pour être véridique,: trois choses' qui manquèrent souvent aux écrivains placés sur l'immense catalogue des historiens. Long -temps nous n'avons eu que des chroniques, la plupart rédigées en latin ^ et presque toutes par des moines. Entre les vieux, auteurs qui ont adopté notre langue, et qui n'appartenaient point au cloître, Joinville, et Froissart " après lui , nous plaisent encore par des narrations naïves. Plus tard, Philippe de Comines^, nourri dans les intrigues des cours, peignit avec quelque profondeur le sombre et dissi-
1. Voyez la fin du présent volume, art. Fragments littéraires.
a. Idem, idem, .