‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 58 sur 170 · CHAPITRE V. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. j

mule Louis XI. Seyssel, historien de Louis XII, est peu digne de son héros. Brantôme n'a droit d'obtenir place que parmi les compilateurs d'anec^ dotes. Sully, Péréfixe, graves et dignes de con*» fiance , se soutiennent par leur sagesse j et par l'intérêt qu'inspire Henri lY. tl est fâcheux que l'habile et judicieux De Thou n'ait pas écrit en firançais. Mézerai, qui vint ensuite, publia l'His-^ toire complète de la monarchie française. Con* temporain de Richelieu , il manifesta des opinions indépendantes. Il y a du nerf et de l'originalité dans sa diction, souvent trop familière; quelque^ fois même il atteint à l'éloquence; et, malgré tout ce qui lui manque, il l'emporte sur Daniel, et à beaticoup d'égards sur Véli et ses deux continuateurs. En racontant la conquête de la Franche* Comté , Pélisson , d'ailleurs si correct , fut moins historien que panégyriste. Bossuet , dans son Dis* cours sur l'histoire universelle , allia les vues religieuses d'un pontife aux formes d'un grand orateur. Saint -Real, qui plus d'une fois porta le roman dans l'histoire , acquit une x;enommée durable par son élégant récit de la conjuration de Venise, où pourtant il n'est point l'égal dé Sallu^te, quoiqu'on l'ait souvent affirmé. Si quelque Français rappelle . la manière brillante et ferme du peintre de Catilina, c'est assurément le cardinal de Retz, mais seulement lorsque son style s'élève;

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esprit y plus fi» que profond. Millot, dans ses divers Éléraens d'Histoire moderne , est correct , impartial et sage, mais décoloré, timide et médiocrement instructif. Le règne de Charlemagne, celui de François I^-^, la rivalité de la France et de TAn^ gkterre, offraient des sujets heureux ; et Gaillard ne les a pas traités sans, succès: mais un style diffus dépare les écrits -de cet historien, trèséclairé d'ailleurs, et maintenant trop peu apprécié. L'histoire philosophique du Commerce des Européens dans les deux Indes, acquit à l'abbé Raynal une réputation tardive, mais éclatante, et que ses preiniers essais n'avaient pu lui faire espérer. Ce n'est pas que ce livre célèbre soit, à beaucoup près, exempt de défauts. On y trouve asgez souvent l'enflure à côté même de la sécheresse. L'auteur s'y permet des déclamations fréquentes, et jusqu'à de longues apostrophes qui seraient déplacées partout, mais qui répugnent spécialement à la sévérité du genre. Toutefois ce grand ouvrage présente aussi des beautés nombreuses et un majestueux ensemble : il tient sa place entre les monumens (^e la philosophie moderne ; et Ton ne saurait, rabaisser saiïs ingratitude un talent, qui a servi la cause des nations. Quoique très-courte, l'histoire de la révolution qui fit monter Catherine II sur le tçcwie de Russie est digne, de beaucoup de louanges. Le style en est orné, mais rapide et plein de mouvement:

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