‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 154 sur 318 · ACTE II, SCÈNE IV. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. a

Et , quel que soit enfin l'opprobre paternel , Un pètë aux yen* d'un fils n'est jamais criminel.

TIBÈRE

A de tels sentimens le sénat rend hommage. Vous , qui de Rome antique offrez encor l'image , Qui, des Calpuriûens jeune et digne héritier, Conservez de leurs mœurs le dépôt tout entier, C'est à vous que d'un père appartient la défense; Et puissiez-vous , Cnéius , prouver son innocence ! Vous, consuls, sénateurs, pontifes, magistrats, Honneur des légions, vieux Romains, vieux soldats, Qui de Germanicus chérissez la mémoire, Amis , admirateurs , compagnons de sa gloire , Sur les pas d'Agrippine, allez au champ de Mars Réunir ce héros aux débris des Césars.

Épargnez à mes yeux la pompe funéraire : Son aïeule Livie, Antonia sa mère, Recueillant en secret leurs pudiques douleurs, Loin de tous les regards partageront mes pleurs. Soyons dignes de lui : qu'un hommage unanime Accompagne au tombeau sa cendre magnanime! Il blâmerait lui-même un long abattement. Les princes, les héros, ces astres d'un moment, Vont s'éteindre à jamais dans la nuit éternelle; Mais Rome leur survit, Rome est seule immortelle.

AGRIPP1NE , l'arne dans l|s mains.

Jusqu'à mon dernier jour, toi que je veux pleurer,

Œuvres posthumes. I. j$

*74 TIBÈRE

Même de tes débris il faut me séparer. Nouveau dieu des Romains, tourne les yeux sur Rome, Sur la patrie en deuil, veuve aussi d'un grand homme: Soutiens, protège encor tes soldats triomphans, Tes foyers, tes amis, ta veuve et tes enfans.

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