ACTE IV, SCÈNE V. 3o
Dis-lui que de mon sort un seul homme dispose ; Que je suis à Tibère.
CNÉIUS
Y pensez-vous? 6 ciel !
PISON
Malheur à qui rampa sous un maître cruel! Misérable, il ne peut sortir de l'infamie; Avec sa conscience il a livré sa vie.
Un tyran ne sait pas rougir impunément: Il rompt de ses forfaits le docile instrument ; Et, faisant aux faveurs succéder les supplices, Avilit, récompense et punit ses complices.
ciîiius.
Vous parlez de forfaits ! ce mot me fait trembler.
PISOIÏ.
Je te remplis d'effroi ; je vais t'en accabler. Apprends... puis-je le dire? oui; j'ai pu davantage; J'aurai, pour mon tourment, cet horrible courage.
CWÉIUS.
Mon père, à votre fils qu'allez-vous découvrir?
PISON
Ton père! ah! tu l'aimais, et tu vas le haïr.
CN^IUS.
Moi!
PISON
Tu vas pénétrer dans ce mystère sombre; Et la nuit qui descend vient me prêter son ombre.
3io TIBÈRE.
Écoute-moi. Ce fils par Tibère adopté... Tu frémis!
CTSÉ IUS.
Ce héros dans sa course arrêté...
PISOW.
Oui , digne ainsi que toi de l'antique patrie , Et que si jeune encor vit tomber la Syrie , Germanicus...
CTÎÉIUS.
Eh bien?
Périt empoisonné.
J'ai tout su.
CNÈIUS.
Dieux !
pi s ON.
Tibère avait tout ordonné.
CNÉITJS.
C'est un crime de plus , c'est un jour de Tibère : Qui peut s'en étonner ? mais vous ! mais vous , mon père !
PISON
Oui, j'ai su qu'un esclave à Tibère vendu, Et du jeune héros surveillant assidu...
CNÉIUS
Un esclave!
PISON
C'est lui de qui la main perfide