‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 227 sur 318 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ŒDIPE, CRÉON, LE GRAND-PRÊTRE , LE CHŒUR, les deux filles d'cbdipe.

CRÉON

Je ne viens pas, Œdipe, en ces extrémités, Insulter sans pudeur à vos calamités.

Vous, Thébains, du soleil respectez la lumière: N'étalez point aux yeux de cette ville entière Son roi que les destins ont privé sans retour Des saintes eaux du ciel et des rayons du jour. Ce palais fut le sien : qu'on ouvre les portiques. Des parens, réunis dans les maux domestiques, Prodiguent aux parens des soins consolateurs, Et par des pleurs au moins répondent à des pleurs.

ŒDIPE

Ainsi votre vertu punit mon injustice!

Vengez-vous, ô Créon, par un dernier service; Non pas en me rouvrant le palais de Laïus ; Mon aspect l'a souillé: je n'y rentrerai plus. Je demande une grâce. Ai-je droit de l'attendre?

CRÉOW.

Oui. Tout oe que les Dieux n'ont pas voulu défendre.

îIf ŒDIPE.

Ne songez point à moi : daignez de votre sœur Recueillir' les débris, étendus sans honneur. Œdipe, loin d'ici cachant son existence, De ses parens, trop tard, subira la sentence. J'irai sur ma colline, encore abandonné, Retroàver le tombeau qu'ils m'avaient destiné. Mes fils, du sort jaloux bravant le long outrage, Seront, avec le temps, les fils de leur courage. Mais que seront , grands Dieux ! mes filles , qui toujours Dans les bras paternels voyaient couler leurs jours? Qui toujours recevaient d'une bouche innocente L'aliment préparé par nia main caressante? Ah! prenez-en pitié. Ne puis-je, en ces momehs, Les couvrir de mes pleurs, dé mes embrassemens? Pour la dernière fois les presser, les entendté ? ' Ciel! d0 faibles sanglots! un cri naïf et tendre! Est-ce vous, mes enfans?

CRlSOK.

J'ai deviné vos vœux.

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