‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentéesChapitre 59 sur 318 · PHILIPPE, LE DUC D'ÀLBE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, LE DUC D'ÀLBE

Sire, quel noir chagrin flétrit cette âme altière? Philippe, un roi puissant, craint de FEurope entière, Peut-il s'abandonner au trouble où je le voi ?

C'est le fruit du pouvoir; c'est la dette d'un roi. Peut-être des humains la difficile étude. M'a de l'art de régner donné quelque habitude; Et j'ai vu de tout temps, au sein de mes grandeurs, Chaque jour m'apporter son tribut de douleurs. Mais ce tribut augmente, et son fardeau m'accabla Du trône castillan, vous, l'appui redoutable, Dont le bras m'a servi chez le Belge indompté ,

D'Albe, soumettrez-vous ce peuple révolté? Me faudra-t-il encor supporter ses caprices? d'à l b e.

S'il n'était soutenu , si des mains protectrices-

Du rebelle Nassau ne caressaient l'espoir,

Le Belge, par mes soins rentré dans le devoir,

Dans ses riohçs <çités coulant des jours prospères r

Respecterait1 lé Éceptre et la foi de vos pères.

Mais les séditieux infestaient les chemins;

Mes lettres quelquefois tombaient entte leurs mains :

Loin d'arrêter \e mal , un écrit pouvait nuire.

J'ai désiré vous voir, vous parler, vous instruire y

Signaler à vos yeux de trop chers ennemis.

Ah! sire, il est cruel pour un sujet soumis

De venir redoubler vos chagrins politiques:

Ce n'est pas seulement dans les plaines belgiques

Qu'un pouvoir criminel combat vos intérêts ;

Nassau, dans Madrid même, a des appuis secrets.

Nommez-moi ces pervers qui bravent mon empire. d'albe.

Je ne puis les nommer; ce mot doit vous suffire. 4

Je vous entends : je sais qu'un père infortuné Doit gémir sur son fils dans le crime entraîné. Des Belges révoltés l'infant nourrit la haine. d'albe.

Ils comptent sur Carlos , et même sur la Reine.

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