A DÉLIE
IMITATION DB TIBULLB.
Puissé-je, soulevant ma paupière mourante.
Toucher encor ta main de ma main défail^nte ! Je te verrai, Délie, en proie à tes douleurs, Te pencher vers mon lit gémissante et plaintive ;
Et tes baisers mêlés de pleurs Retiendront un moment mon âme fugitive.
L'innocente beauté, le co&w gros de soupirs, Après avoir suivi ma pompe funéraire, S'éloignera le soir pensive et solitaire; Et le jeune homme ardent suspendra ses plaisirs.
Mais toi, n'attriste pas ma cendre :
Épargne ces cheveux qui flottent sur ton sein:
Hélas! et sur ce front si tendre Du désespoir n'imprime point la main.
Le front caché dans les ténèbres,
La mort vient; les cyprès funèbres Vont remplacer les roses du printemps.
Aimons, aimons, tandis qu'il en est temps?
yrons-nous aux transports que le bel âge inspire :
On n'aime plus en cheveux blancs, t, si Ton aime encore, on n*ose plus le dire.