‹ Œuvres précédées d'une noticeChapitre 13 sur 117 · LA FLEUR · texte numérisé non relu

LA FLEUR

Fleur charmante et solitaire Qui fus Torgueil du vallon , Tes débris jonchent la terre Dispersés par l'aquilon.

La même faux nous moissonne:

Nous cédons au même dieu; Une feuille t'abandonne.

Un plaisir nous dit adieu

Hier, la bergère encore, Te voyant sur son chemin.

Disait: « Fille de l'Aurore, Tu m'embelliras demain. »

Mais sur ta tige légère Tu t'abaissas lentement; Et l'ami de la bergère Vint te chercher vainement.

ca

II s'en retourne et soupire :

« Console-toi, beau pasteur!

Ton amante encor respire, Tu n'as perdu que la fleur.

a Hélas I et ma jeune amie Ainsi que l'ombre a passé; Et le bonheur de ma vie N'est plus qu'un rêve eflfacé.

« Elle était aimable et belle, Son pur éclat s'est flétri , Et trois fois l'herbe nouvelle Sur sa tombe a refleuri. »

A ces mots sous la ramée Je suis ma route, et j'entends La voix de ma bien-aimée Me redire : « Je t'attends. »

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